Quelques semaines après la fin de sa saison sur route, l’Hennécurtien Nacer Bouhanni (22 ans), champion de France 2012, fait son retour dans les Vosges pour entamer sa période d’entraînement hivernal.

Fort de ses sept victoires sur le World Tour 2012, le coureur FDJ, Nacer Bouhanni, entend préparer au mieux sa troisième saison professionnelle, avec en point d’orgue le Tour de France. Nous l’avons rencontré dans sa salle de sport, après sa séance d’efforts.

Nacer Bouhanni, vous venez de clore une saison extrêmement riche avec sept victoires et un titre de champion de France. Quel regard portez-vous sur cet exercice qui est le meilleur de votre jeune carrière ?

Je viens de finir ma saison sur Paris-Tours où je comptais faire un coup mais une échappée de 13 hommes a réussi à tenir la distance sans que le peloton ne puisse revenir. J’ai terminé second du sprint du peloton. 
La saison a été exceptionnelle et conforme à mes espoirs. J’essaie toujours de donner le meilleur de moi-même sur une course, ce qui donne ces statistiques honorables de sept victoires et neuf  » seconde place « . Je suis satisfait de ma saison, d’autant plus que ce n’est que ma deuxième en tant que professionnel.

Ce titre de champion de France obtenu le 21 juin dernier à Saint-Amand-les-Eaux (Nord) était-il un objectif ou la victoire s’est-elle construite pendant la course ?

C’était un objectif car je savais que le parcours était propice aux sprinteurs. Je me suis donc préparé physiquement pour être au mieux de ma forme au moment de la course (Il sourit). C’était vraiment un instant incroyable, un rêve qui s’est réalisé. D’autant qu’on m’a appris, par la suite, que j’étais le plus jeune champion de France sur route.

Vous avez dû prendre une autre dimension dans votre équipe et dans le peloton grâce à vos résultats ?

Depuis ce titre, on me fait davantage confiance. Dorénavant, mes directeurs sportifs articulent l’équipe autour de moi. J’ai déjà battu les meilleurs sprinteurs internationaux comme l’Allemand André Greipel (Lotto) ou le Slovaque Peter Sagan (Liquigas). J’ai même réussi à devancer le ténor Britannique Mark Cavendish (Sky), sans pour autant remporter la course. Je pense que les autres écuries me surveillent à l’approche de l’arrivée.

Vous avez donc une carte à jouer lors du prochain Tour de France ?

Bien sur, et c’est mon objectif principal en 2013 ; je n’irai pas pour y faire de la figuration ! Je veux y aller pour remporter des victoires et rivaliser avec les meilleurs sprinteurs. Je sais que j’en suis capable, je l’ai déjà fait. C’est pour cela qu’il me faut une préparation idoine, en restant appliqué et en évitant les blessures.

Vous êtes de retour dans les Vosges pour cette importante période de préparation. Comment va-t-elle s’organiser ?

Je délaisse presque totalement le vélo jusqu’en décembre pour me consacrer à la musculation, à la natation et à la boxe, mon autre passion. Pour la muscu, je vais m’entraîner dans la salle de sport Lunaisens de Golbey, 6 jours sur 7 pendant près de deux heures. 
C’est une des meilleures salles dans les Vosges, idéale pour ma préparation. Je me concentre sur le renforcement musculaire et la tonicité, et travaille sur tout le corps : cuisses, abdominaux et bras.

Pas de cyclo-cross en vue ?

Si, j’en ferai quelques-uns, notamment celui de Saint-Etienne-les-Remiremont le 11 novembre, qui est organisé par un ami. Mais je n’aurai aucun objectif de résultat.

Ce n’est pas une surprise de vous revoir dans les Vosges, vous êtes attaché à vos origines ?

Oui, je n’ai pas déménagé malgré mes obligations professionnelles. J’habite toujours Hennecourt, entouré de ma famille et de mes amis. D’ailleurs lorsque je reprendrai l’entraînement sur le vélo, ce sera sur les routes vosgiennes et pas ailleurs.