Jérémy Pinon s'élance ce jeudi soir à l'assaut de l'Infernal 200 km
© Vrai Roses

C’est l’histoire d’un mec de 31 ans qui va prendre le départ de l’Infernal 200 km, ce jeudi soir à minuit, cinq ans seulement après avoir commencé la course à pied. Jérémy Pinon est un habitué de la grande fête du trail organisée chaque année à Saint-Nabord.

C’est d’ailleurs en vue de faire l’Infernal qu’il s’est mis à courir et à s’entraîner. Il a commencé par le 30 km, avant de se lancer sur le 72 km l’année suivante. Les sensations sont bonnes, il s’inscrit donc un an plus tard sur le 110 km. « Celui-là m’a bien calmé, explique-t-il. J’ai mal appréhendé la notion de dénivelé ».

Après une grosse remise en question et quelques mois d’abstinence, Jérémy remet les baskets. Il s’entraîne différemment et décide de faire l’Infernal 120 km en 2017. Le résultat est probant : il fait 10 heures de moins qu’un an plus tôt et termine 21e au scratch. Et l’idée de faire le 200 km fait son chemin.

Depuis décembre dernier, il bénéficie des conseils d’un coach : Matthieu Gandolfi. « J’ai un plan d’entraînement au mois, tout est plus structuré. Il me permet de mieux gérer les phases de récupération. Pour préparer le 200 km, je me suis entraîné 15 à 16 heures par semaine à raison d’une centaine de kilomètres et près de 8 000 mètres de dénivelé ».

« L’Infernal, c’est notre championnat du monde à nous. C’est l’objectif de l’année, tout est basé dessus », explique Jérémy. Il aimerait terminer en moins de 45 heures. « Je suis serein mais sur une telle distance il y a toujours une part d’incertitude, on ne peut pas faire de plan de course. C’est une première pour moi. Il faudra s’adapter à la météo ».

Que va-t-il chercher sur une telle épreuve ? « Clairement le dépassement de soi, répond-il du tac au tac. Quand tu es seul au milieu de la forêt, tu ne peux compter que sur toi-même. Et c’est un retour aux sources de l’homme, à la nature. Courir de nuit par exemple c’est magique, on ne voit pas la nature de la même façon, même chose au lever du jour. Et c’est d’autant plus appréciable avec un état de fatigue ».

Et après le 200 km, quel challenge voudra-t-il relever ? « C’est un test grandeur nature, explique Jérémy. L’an prochain j’aimerais faire la Diagonale des Fous à la Réunion ».


200 km : un truc de fou ?

La réponse de Sabrina Vitry-Renck, médecin du sport à Épinal

« Non. Les traileurs qui vont sur des grandes distances, au-delà de 80 km, sont des gens qui se connaissent bien. On ne s’improvise pas coureur d’ultra du jour au lendemain. La plupart font étape par étape, en courant d’abord sur des courtes distances, puis sur des moyennes, etc.  Paradoxalement il y a moins de problèmes avec ceux qui font des ultra-trails qu’avec les autres. »