Yves Bailly (au premier plan) et son coach Xavier Collin, visent la montée en N1.
© Jordane Rommevaux

Stoppé prématurément en mars à cause de la crise sanitaire, le championnat de National 2 reprendra ses droits le 22 août prochain. Sur la ligne de départ, le SAS Football, auréolé de sa fabuleuse épopée de Coupe de France achevée en février dernier en quart de finale face à l’AS Saint-Etienne (1-2), fera partie des outsiders pour la montée. Yves Bailly et Xavier Collin, respectivement président et coach du SAS, ont lié leur destin autour d’une ambition : installer rapidement le club en N1, en essayant de dribbler la logique purement financière. Entretien sous forme de une-deux.

Messieurs, vous avez vu il y a quelques semaines un résumé vidéo de l’épopée historique du SAS en Coupe de France la saison dernière. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ?

Xavier Collin C’était une aventure fantastique, exceptionnelle. On a vécu des moments extraordinaires en interne, des causeries, des matchs, des scénarios qui resteront gravés à jamais. Revivre tout ça nous a donné des frissons, certains avaient les larmes aux yeux.

Yves Bailly – Nous avons vécu des moments hyper forts. Ils m’ont tiré les larmes lors de leurs causeries. J’aurais rêvé d’amener Saint-Etienne en prolongations car les garçons avaient livré un match extraordinaire… Ça prend aux tripes, c’est une aventure fabuleuse, vraiment extraordinaire.

Certains joueurs qui ont brillé dans la compétition ont depuis signé dans des clubs pros (Krasso à Saint-Etienne, Biron à Nancy, Berkane à Troyes). N’est-ce pas un peu frustrant de les voir partir ?

X. C. Nous sommes heureux pour eux et fiers car c’est la vocation du club de servir de tremplin. Depuis que je suis arrivé, 7 ou 8 joueurs passés chez nous ont rejoint le monde pro, certains sont dans de grands clubs ou ont joué l’Europa League. Ça veut dire qu’on ne se trompe pas sur le recrutement mais c’est frustrant car on n’en tire pas les bénéfices. Pour ces jeunes joueurs qu’on fait progresser, on récupère environ 2 000 euros sur une année de contrat… Ça ne fait pas vivre le club.

Y. B. Très régulièrement, on arrive à faire émerger des joueurs qui passent le cap du N1, de la Ligue 2 voire de la Ligue 1. Xavier a un réseau, des connaissances qui nous permettent de dénicher ces talents que l’on suit parfois depuis longtemps. Ça augmente notre notoriété et ça montre que même en N2 on peut offrir des perspectives, mais c’est vrai qu’on souhaiterait un retour sur investissement.

Épinal stagne au 4e échelon depuis 2017. Vous êtes tous les deux venus au SAS avec des ambitions. Quelles sont-elles aujourd’hui ?

X. C. Notre ambition commune est de faire remonter et de stabiliser le club en National 1. Nos destins sont liés : si le président s’en va, je ne resterai pas et vice-versa. On se laisse encore quelques années pour y arriver, et si ce n’est pas le cas, on laissera la place à d’autres pour tenter de relever le challenge. Mon ambition est de retrouver un jour le monde pro, j’espère que ce sera avec Epinal.

Y. B. – On est sur la même longueur d’onde. On s’est attachés dans un premier temps à restructurer le club et à l’assainir. Ce travail commence à porter ses fruits : on a des fonds propres qui se renforcent, une équipe qui se stabilise, de beaux projets. On a des ambitions avec Xavier, c’est moi qui l’ai fait venir et j’ai 3 000 % confiance en lui. On réussira ensemble ou on cédera notre place.

Que manque-t-il selon vous pour monter ?

X. C. On a changé un peu notre façon de voir pour être ambitieux et jouer la montée. On doit continuer à former des garçons et à aller chercher des jeunes joueurs à fort potentiel, mais on s’aperçoit que pour sortir du National 2, il faut des garçons un peu plus expérimentés, aguerris à ce championnat. C’est pour ça qu’on a orienté notre recrutement différemment cette année.

Y. B. – On est sur le bon chemin. On a réussi à faire quelque chose la saison dernière car pour la 1ère fois on avait réussi à garder une ossature alors qu’il y a quelque temps encore on changeait 17-18 joueurs, chaque année. Je suis assez curieux de voir ce que ça va donner cette saison avec les joueurs de l’an dernier, l’expérience de ce qu’on a fait depuis 2-3 ans et l’arrivée de joueurs aguerris.

Dans quelle mesure le budget sera impacté par la crise sanitaire ?

Y. B. – Avec notre parcours en Coupe de France, on avait un peu de marge pour se renforcer. Avec la Covid, on n’a pas dépensé ce qu’il n’y avait pas à dépenser. On s’attend à ce que l’année prochaine soit impactée au niveau des partenaires et du sponsoring. On a budgété une année déficitaire mais on a les reins solides pour pouvoir l’encaisser sans problème.

X. C. – Le budget, qui se maintiendra autour d’un million d’euros, nous a permis de garder un maximum de joueurs et de préparer la nouvelle saison avec sérénité. Dans cette période d’incertitude, on a souhaité sécuriser un maximum de garçons avec des contrats, notamment des contrats d’apprentissage, pour qu’ils puissent envisager l’avenir avec sérénité.

Qu’en est-il des partenariats avec les clubs pros de la région ?

Y. B. On a de très bons échanges avec eux mais certains doivent mettre de l’ordre dans leur maison et puis il ne faut pas oublier que pour que des joueurs viennent, il faut qu’ils en aient envie. Ce n’est pas toujours le cas. On est un bon club formateur et on montre qu’on a des perspectives car on a des liens avec des clubs pros mais il faut qu’on progresse là-dessus, c’est sûr.

X. C. Aujourd’hui on a de très bons liens avec Metz, Nancy, Sochaux, Strasbourg, Troyes. On s’est attaché avec Nancy et Metz notamment à promouvoir nos joueurs ces dernières années. Mais en contrepartie, on devait récupérer des joueurs de ces clubs-là qui peuvent progresser chez nous. Or ce n’est pas le cas pour l’instant. C’est pourquoi on travaille sur des projets à l’étranger.

Pouvez-vous nous en dire plus ?

Y. B. L’idée est d’aller chercher dans des viviers, des réservoirs intéressants pour essayer d’innover un peu dans notre approche. On est en train de créer quelque chose en Afrique. Les accords de principe sont donnés. Le premier joueur qui viendra chez nous conditionnera la suite du projet : il vaudrait mieux que ce soit une pépite ! (rire) L’échange que l’on veut créer va au-delà du sportif.

X. C. Il ne s’agit pas d’un partenariat traditionnel. On est dans un domaine inconnu du grand public, où les grands clubs ne sont pas. On a un temps d’avance. On s’est déjà rendus sur place avec Djam’ (Menaï, ndlr), on a anticipé ce projet. On espère pour la saison prochaine récupérer un ou deux joueurs pour les aider à passer des paliers et nous amener une vraie plus-value.

Programme de pré-saison

  • Mercredi 8 juillet : reprise de l’entrainement

  • Samedi 18 juillet : amical 1 contre Auxerre (L2) à Munster

  • Vendredi 24 juillet : amical 2 contre Orléans (N1) (lieu à déterminer)

  • Mercredi 29 juillet : amical 3 contre Biesheim (N3) à Riquewihr

  • Mardi 4 août : amical 4 contre l’ASNL (L2) (lieu à déterminer)

  • Samedi 8 août : amical 5 contre Sochaux 2 (N3) (lieu à déterminer)

  • Dimanche 9 août : amical 6 contre Strasbourg 2 (N3) à Strasbourg

  • Vendredi 14 août : amical 7 contre Raon-l’Etape (N3) à Epinal

  • Samedi 15 août : amical 8 contre Metz 2 (N2) (lieu à déterminer)

  • 22 août : reprise du championnat de N2