L'AS Saint-Nabord avait reçu le FC Metz la saison dernière en 32e de finale de Coupe de France
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Le coup d’envoi de la Coupe du Monde féminine 2019 en France sera donné le 7 juin à Paris. Pendant un mois, les Bleues et plus généralement le foot féminin, en plein essor, vont être placés sous le feu des projecteurs grâce à une médiatisation sans précédent. A cette occasion, nous vous proposons un état des lieux de la pratiques dans le département et un entretien avec la présidente de la commission de féminisation du district des Vosges, Florence Schwartz.

Florence Schwartz, la Coupe du Monde de foot féminin est organisée pour la première fois en France. Quel sentiment vous anime ?

F. S. – Je suis impatiente que ça démarre. On rêve de revivre ce qui s’est passé en 1998 pour les hommes. On sent une effervescence, c’est indéniable. On l’a vu l’an dernier avec le parcours des Bleus en Russie, une communion peut se créer derrière l’équipe. Localement on a organisé des animations autour de l’événement, notamment la journée départementale des féminines. Le District et la Ligue mettent en place des bus pour aller voir les matches. C’est dommage que Nancy n’ait pas été retenu pour accueillir des matches, en termes de mise en avant ça aurait été mieux qu’à Reims.

Quel impact peut avoir un tel événement ? Dans quelle mesure le parcours de l’équipe de France sera-t-il décisif ?

F. S. – Le Mondial doit être un tremplin. Il y aura nécessairement des retombées, surtout si l’équipe de France va loin. Au niveau des clubs, Lyon écrase tout au plan national et européen, Paris se montre. Ces clubs fanions permettent de vendre du rêve aux jeunes joueuses. Mais en équipe nationale il faut qu’on arrive à passer le cap des demi-finales. Tout est réuni pour qu’elles aillent au bout et moi j’y crois. Elles seront portées et Corinne Diacre est une très grande sélectionneuse. C’est l’année ou jamais.

« Revivre ce qui s’est passé en 1998 »

Le Mondial va offrir au foot féminin français, en pleine croissance, une vitrine incomparable…

F. S. – Oui, c’est une énorme pub d’autant que la médiatisation de l’événement sera très importante. C’est l’occasion rêvée de soigner l’image de la discipline et de casser certains clichés. Le foot est un sport qui reste considéré trop souvent comme masculin.
Certains parents continuent de croire que leurs filles ne peuvent pas réussir carrière sportive et études. On mène un travail sur les mentalités et ça avance. Le défi sera d’ancrer une dynamique dans la durée comme ce fut le cas pour le handball féminin.

Pour la première fois de l’histoire du foot français, Stéphanie Frappart, retenue pour le Mondial féminin, a été désignée arbitre centrale en Ligue 1 masculine … C’est un bon signe, non ?

F. S. – Absolument, c’est très marquant. Il était temps, c’est une très bonne chose. Quand on a le talent, l’envie, on y va. Il n’y a pas de distinction à faire entre hommes et femmes. Il faut faire en sorte d’avoir des éducatrices diplômées, des dirigeantes, des arbitres. C’est le sens de l’action mise sur pied par la FFF pour recruter notamment des dirigeantes et dont le slogan est « Mesdames, franchissez la barrière ».

« Très forte progression du nombre de licenciées »

Resserrons la focale sur notre département. Comment se porte le football féminin dans les Vosges ?

F. S. – De mieux en mieux. Il y a un vrai travail qui est fait de la part des éducateurs. C’est particulièrement vrai dans l’est vosgien. Saint-Dié-des-Vosges est un très gros pôle, c’est d’ailleurs le seul club du Grand-Est à avoir obtenu le label « or ». On a en tout 7 clubs labélisés, ça démontre une vitalité. Avière aussi fait un gros travail à sa manière, tout comme Thaon-les-Vosges qui combine sport et citoyenneté ou Remiremont Saint-Etienne. En termes de licenciées, on est en très forte progression puisqu’on a doublé les effectifs en 5 ans et on vient de franchir la barre des 1 000 joueuses-arbitres-dirigeantes (voir par ailleurs).

Cette saison, le SA Epinal a pris le leadership dans la hiérarchie. Peut-on espérer revoir un club au niveau national, que ce fut le cas naguère avec feue l’ASFF Epinal ?

F. S. – Oui, c’est important d’avoir une locomotive, qui puisse tirer les autres vers le haut. Épinal vient de faire une belle saison (2e en élite régionale, quart de finale de Coupe Grand-Est). Je pense qu’il faudra quelques années pour qu’une équipe retrouve le niveau national. Parallèlement, je suis convaincue que c’est important aussi d’avoir une pyramide derrière, des bases solides. Et le foot féminin, ce sont aussi des équipes qui jouent pour le plaisir, à 8, comme à Charmois-l’Orgueilleux.

Évoquons pour terminer l’AS Saint-Nabord qui avait brillé en se hissant en 32e de finale de Coupe de France. Cette saison, les Navoiriaudes ne sont mêmes pas allées au bout de leur championnat…

F. S. – Oui, l’équipe a été déclarée « forfait général » en février après 2 forfaits dus à un manque de joueuses. C’est dommage mais c’est cyclique dans tous les clubs et à tous les niveaux. Le foot féminin nécessite de la stabilité et avec les étudiantes la fidélisation est plus difficile, c’est aussi pour ça que la pyramide est importante. Les clubs doivent pouvoir prendre le relais en cas de problème.

Coupe du monde féminine – du 7 juin au 7 juillet

Match d’ouverture : France – Corée du Sud : vendredi 7 juin, 20 h 30

DiffusionCanal + : intégralité de la compétition / TF1-TMC (en clair) : 25 matches, dont les matches de l’équipe de France, six huitièmes de finale, les quarts, les demies, la petite et la grande finale.

Le foot féminin dans les Vosges en chiffres

21 clubs comptent au moins une équipe féminine

+ 30 % : le pourcentage d’augmentation du nombre de licenciées depuis le début de la saison

1 052 licenciées (joueuses, arbitres, dirigeantes) recensées en avril 2019

12 015 licenciés au total dans le département

Les clubs les plus fournis en licenciées féminines :

1 / SR Saint-Dié (115)

2/ SA Épinal (82)

3/ FC Remiremont Saint Etienne et ES Thaon (48)

Les clubs labellisés « école de foot féminin » :

Label or : SR Saint-Dié

Label argent : ES Avière

Label Bronze : AS Ramonchamp – ES Thaon – FC Remiremont Saint Etienne – US Raon-l’Etape – ES Golbey

Le collège de Golbey dans le Top 8 français en UNSS

Sacrées championnes inter-académiques début avril à Bischwiller, les minimes filles du collège Louis-Armand de Golbey ont participé aux championnats de France UNSS de football du 21 au 24 mai à Reims. L’équipe golbéenne s’est hissée jusqu’aux quarts de finale après avoir remporté deux de ses trois premières rencontres. « C’est une équipe assez jeune composée presque exclusivement d’élèves de 4e et qui devrait donc encore être performante l’an prochain », se félicite le principal Christian Grünenwald.