Pierre Mercier, président des Louves.
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Pierre Mercier est un des acteurs économiques les plus importants du département des Vosges. Président du SRD Volley, vice président de la Ligue Grand-Est et chef d’entreprise, comment a -t-il géré l’arrivée de cette crise sanitaire, l’aspect économique, la gestion de son club, ou encore la reprise du travail et l’avenir ? Entretien !

Pierre Mercier, nous sortons à peine de ce confinement qui a frappé tout le territoire français depuis mars dernier. Comment allez-vous ?

Pierre Mercier – Je vais bien, merci. J’ai la chance de n’avoir eu aucun cas de Covid-19 dans ma famille et quelques cas dans mes connaissances, sans aucune gravité. C’est le plus important !

Chef d’entreprise et président du SRD Volley, engagé en championnat Élite, comment avez-vous géré cette situation inédite de confinement ?

P. M. – Tout d’abord, il n’a pas fallu tergiverser, nous avons respecté nos valeurs car l’homme est notre priorité. J’ai pris toutes les dispositions pour arrêter toutes activités et ne pas mettre en péril la santé des salariés de l’entreprise et les membres du club. J’ai appelé tous les salariés un à un et nous avons créé un groupe WhatsApp, dès les premiers jours, afin de conserver le lien. Il était indispensable que nous gardions cette cohésion.

Vice-président de la Ligue Grand-Est de volley, vous avez de nombreuses responsabilités auprès de la fédération, en plus de votre rôle de président de club. Quelles ont été les premières décisions prises lors de l’instauration du confinement ?

P. M. – Au soir de l’allocution du président de la République, j’ai pris contact avec le président de la fédération française de volley pour acter l’arrêt immédiat des compétitions de volley en France. À Saint-Dié, comme dans tous les clubs, tout le monde a pris conscience de la gravité de cette pandémie. Toutes les joueuses ont pris leurs dispositions pour se confiner auprès de leurs familles et leurs proches. Nos deux Américaines sont rentrées aux États-Unis dès le samedi. Les autres sont restées à Saint-Dié, en chômage partiel, dont Sisi (Silvia Kyoseva, ndlr), notre Bulgare, qui a dû rester car elle n’a pas pu repartir avant la fermeture des frontières.

Ont-elles un programme d’entraînement aménagé ?

P. M. – Oui, elles gardent un lien avec le coach et le préparateur physique. Elles essayent de rester actives afin de ne pas perdre pendant cette période d’inactivité forcée, afin de revenir en forme lorsque nous pourrons reprendre l’entraînement.

À l’heure actuelle, qu’est-ce qui a été décidé par la fédération pour les championnats ?

P. M. – La fédération a entériné le fait que les championnats ne reprendront pas. Il, a été décidé de figer le classement à l’issue de la phase aller. En championnat Élite, c’est le classement à l’issue de la première phase qui est conservé. Les Louves finissent donc à la 3e place, qui leur avait permis de se qualifier en playoffs. Il n’y aura aucune descente et nous devrions enregistrer 4 montées supplémentaires de N2. La fédération a décidé que les clubs qui avaient la possibilité de monter ont le droit de monter et qu’aucune descente n’est effective. Le nombre de clubs par poule va donc augmenter.
20 clubs composeront donc cette division ce qui oblige à revoir le championnat avec plusieurs hypothèses pour l’an prochain  : plusieurs poules ? Pas de playoffs ? Davantage de relégation pour repasser à 16 clubs ? Pourquoi pas une régionalisation des championnats ?… Aucune décision n’a encore été prise. C’est fin juin que nous en saurons plus sur les formules sportives adaptées.

Vous devez avoir une certaine frustration de ne pas avoir vu les Louves finir ces playoffs ?

P. M. – C’est certain ! Cette saison a été magnifique et la qualification en playoffs en témoigne. Les joueuses, le staff et notre splendide publique auraient mérité de voir les confrontations contre les meilleures équipes Élite. Ce n’est que partie remise.

L’an prochain ?

P. M. – Je l’espère fortement. Je ne suis pas le genre de président à donner un objectif de monter en Ligue A sous 3 ou 5 ans car c’est une pression inutile, mais bien sûr que l’an prochain nous viserons les playoffs. Manu Dumortier, le coach, n’a pas attendu le confinement pour constituer le groupe de l’an prochain, qui devrait être compétitif (voir effectif ci-dessous)

Côté finances, cette période de confinement met-elle en difficulté le club ?

P. M. – En l’état, le club n’a pas perdu d’argent puisque nous avons économisé les nombreux déplacements. Ce qui m’inquiète le plus, ce sont nos partenaires privés qui vivent des moments difficiles. Aucun ne peut me certifier son soutien pour la prochaine saison, ce que je comprends. C’est aussi pour cela qu’ambitionner une montée en ce moment est utopique.

Justement, comment le chef d’entreprise que vous êtes entrevoit cette reprise d’activité avec Mercier-David ?

P. M. – Nous avons fait le choix de conserver une fabrication locale. Ce marché haut-de-gamme se porte moyennement bien mais je ne veux pas baisser les prix car cela m’obligerait à baisser la qualité et c’est impossible pour notre entreprise. Depuis mi-avril, nous travaillons sur les chantiers de nouvelles maisons et les techniciens assurent le service après-vente. Depuis le 11 mai, l’intégralité des employés a repris le travail.

Les Français se tournent-ils davantage vers le « made in France » ?

P. M. – On en parle de plus en plus mais sont-ils prêts à mettre plus d’argent pour faire travailler les entreprises françaises et avoir des produits plus qualitatifs ? Je l’espère ! Il faut se dire que lorsqu’on achète français, on réalise un geste de solidarité envers l’emploi des français. La situation que nous vivons offrira peut-être une prise de conscience.

Effectif des Louves 2020-2021 :

Elles restent :

  • Nihel El-Ghoul (Recep-attaque)
  • Bineta Ndiaye (Recep-attaque)
  • Nelly Ochala (Pointue)
  • Maële Besancenez (Centrale)
  • Thaïs Daden (Libéro)

Elles arrivent :

  • Marie Andriamaherizo-Ranaivo (Centrale, 18 ans) – ex-IFVB Toulouse (Ligue A)
  • Allie Davenport (Recep-attaque, 25 ans, US) – ex-Suisse
  • Kandiaba Koné (Centrale, 19 ans) – ex-Villejuif (Elite)
  • Maggie Speaks (Passeuse, 25 ans, US) – ex-Vitrolles (Elite)
  • Casey Schoenlein (Pointue, 24 ans, US) – ex-Vitrolles (Elite)

Le message que le président Pierre Mercier a dévoilé sur la page facebook du SRD Volley :

Publiée par SRD Volley-Ball sur Dimanche 31 mai 2020