Gaël Monthurel, ancien Barjot, est le nouveau coach de l'équipe féminine du Épinal HB.
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Il a fait partie de cette génération qui a permis au handball français de passer sur le devant de la scène. Sous la houlette de l’emblématique Daniel Constantini, Gaël Monthurel et les « Barjots » ont notamment décroché la médaille de bronze aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992 et le premier titre de champion du monde de l’histoire des Bleus en 1995. Durant l’intersaison, l’ancien pivot international aux 247 sélections a mis le cap sur Épinal pour prendre en mains la section féminine du club. Fort de son expérience et d’une décennie de coaching à travers la France et au Qatar, il espère parvenir à hisser l’équipe fanion en D2 à moyen terme. Rencontre.

Gaël Monthurel, vous êtes arrivé le 10 août dernier à Épinal. Quelles sont vos premières impressions sur le club ?

Gaël Monthurel – J’ai décidé très vite de tenter l’aventure et je ne le regrette pas. Je suis très content de retrouver un banc et ce que j’ai vu jusqu’à maintenant me conforte dans mon choix, je suis vraiment très heureux et emballé par le projet. C’est très cohérent. Les installations sont superbes et les conditions de travail vraiment très bonnes. Il y a vraiment de très belles choses à faire.

« Il y a tout ce qu’il faut pour briller à Épinal »

Après une première expérience à Bergerac, vous revenez sur du handball féminin. C’était une volonté de votre part ?

G. M. – Oui absolument, je « kiffe » travailler avec des filles. Souvent issues de la formation du club, elles sont plus attachées et en général elles ne trichent pas sur le terrain, elles donnent tout ce qu’elles ont. Chez les garçons, on voit des équipes formatées, avec des costauds, une défense 0-6 et des schémas d’attaque similaires tandis que chez les filles on peut faire du 1-5, 4-2, 3-3. Au niveau professionnel c’est beaucoup plus enrichissant et financièrement ça coute beaucoup moins cher. On n’a pas besoin de statut VAP (voie d’accession au professionnalisme, NDLR) pour monter en D2.

Gaël Monthurel avec le numéro 9.

En tant que « Barjot » et avec votre CV long comme le bras, vous êtes attendu un peu comme le messie à Épinal. Ce statut ne vous effraie-t-il pas ?

G. M. – Non. C’est logique d’attendre beaucoup de quelqu’un qui a un nom et un passé sportif comme le mien. J’ai fait partie de l’épopée des Barjots, j’ai un actif derrière, donc forcément j’ai envie d’amener quelque chose à Épinal, que quelque chose dont le club a besoin pour franchir un palier, notamment chez les filles. C’est une opportunité autant pour le club que pour moi. On a un projet sur du moyen voire du long terme donc je compte m’inscrire ici sur la durée.

« Pourquoi pas rebaptiser le club « Vosges Epinal Handball » ? »

Votre mission est de coordonner la filière féminine spinalienne. Quels sont les principaux chantiers qui vous attendent ?

G. M. – Avec Nicolas Soriano, mon bras droit, on va s’atteler au chantier de la formation. On a 4 jeunes en catégorie -16 ans qui sont au Pôle et on se projette déjà sur ces filles-là dans 4 ans. Sur le recrutement, il va falloir nouer des partenariats solides avec les autres clubs du département voire de la région et permettre aux meilleures joueuses de venir renforcer nos rangs en N1 ou en N3. Pourquoi pas dans cette optique à terme rebaptiser le club « Vosges Epinal Handball » ? C’est aussi très important d’avoir des U17 en championnat de France et de développer les sections sportives.

Objectif ? « Monter en D2 à moyen terme »

Quels sont vos objectifs pour l’équipe fanion à court et moyen terme ?

G. M. – Cette saison l’objectif est de se maintenir. On a des moyens limités, un effectif court et un déficit au niveau physique. Mais les filles sont volontaires, elles ont accepté de s’entrainer 5 fois par semaine lors de la préparation, c’est un signal très positif. A moyen terme, l’ambition est de monter une équipe capable de monter en D2 et de s’y maintenir avec une structure solide derrière. Faire partie des 30 meilleurs clubs français, ce serait déjà très bien. On est cernés par des clubs de D1 (Dijon, Besançon, Metz) mais il n’y a rien ensuite en D2. Si on y arrive, on deviendra plus attractifs.

Comment voyez-vous le début de saison ?

G. M. – Chevigny et Montigny vont être nos adversaires directes pour le maintien et on les affronte lors des 1ère et 3ème journée, à domicile. On a ciblé ces deux matchs là, il faudra bien les négocier. Pour se maintenir il nous faudra 4, 5 voire 6 victoires. Si on peut en décrocher 2 ou 3 sur la phase aller, ce serait bien.

 

Match d’ouverture : Épinal HB – Chevigny : samedi 12 septembre, 20h30 au Palais des sports

 

Bio Express :

Nom : Monthurel

Prénom : Gaël

Âge : 54 ans

Carrière de joueur : Gonfreville-L’Orcher (1985-1987), Vénissieux (1987-1993), USM Gagny (1993-1995), PSG-Asnières (1995-1998).

Palmarès : champion de France avec Vénissieux (1992), deux coupes de France, demi-finaliste de la Coupe des clubs champions en 1993

Parcours en équipe de France : 247 sélections entre 1987-1996, pour 292 buts.

Palmarès en bleu : médaille de bronze aux JO de Barcelone (1992), médaille d’argent aux Mondiaux de 1993 en Suède, médaille d’or aux Mondiaux de 1995 en Islande, 4e aux JO de 1996 à Atlanta

Carrière d’entraîneur : Saintes, Bourgoin-Jallieu, Gonfreville, Vernouillet, El Jaish (Qatar, -18 ans, 2012-2015), Bressuire (2015-2016), Bergerac N1F (2016-2017), Stade Valeriquais (2017-2018), Epinal.

 

La formule du championnat :

Les 54 équipes de N1F ont été placées dans 9 poules de 6. Epinal figure dans la poule 7 avec Chevigny Saint-Sauveur, la JDA Dijon, l’ES Besançon, Palente Besançon et Montigny-lès-Metz. Les clubs se rencontrent en matches aller et retour. À l’issue de cette première phase, les deux premiers de chaque poule sont qualifiés pour les playoffs qui se dérouleront en 3 poules de six équipes ; les 36 autres participeront aux playdowns qui se dérouleront en 6 poules de 6 équipes. Celles classées aux deux dernières places à l’issue seront reléguées en N2F.