Le kayakiste Théo Devard, licencié à Gérardmer, fait partie des meilleurs athlètes mondiaux de sa génération en kayak de descente. Titré aux championnats d’Europe par équipe, le Vosgien attend les championnats du monde avec impatience.

Théo Devard, membre du club de Gérardmer depuis votre enfance, vous appartenez aussi au Pôle France de Toulouse. Vous venez d’être sacré champion d’Europe classique par équipe avec l’équipe de France. C’était l’objectif de la saison ?
Théo Devard – Oui et non. Ces championnats d’Europe étaient une première étape à franchir cette saison avant les championnats du monde qui se dérouleront en Slovénie, du 13 au 15 juin. Mais c’est une vraie satisfaction d’avoir obtenu de bons résultats en  » classique  » alors que j’ai axé mon travail sur le  » sprint « . Les championnats ont bien débuté pour moi puisque je réussis à accrocher la onzième place en individuel et nous empochons le titre par équipe. Par la suite, j’ai réussi à me hisser sur la troisième marche du podium en  » sprint  » ce qui représente ma meilleure performance en senior jusqu’alors.

Quelles différences y’a-t-il entre le kayak de descente et le slalom, pratiqué notamment par les céistes spinaliens Gauthier Klauss et Matthieu Péché ?
T. D. – Le slalom se pratique sur un parcours relativement court, sur lequel sont placées différentes portes. Le concurrent doit franchir ces portes le plus rapidement possible sans faire de touches, sous peine de sanction à l’arrivée. Le kayak de descente ne comporte aucune porte. Il se traduit en deux épreuves distinctes : 
le  » sprint  » qui réserve un parcours assez court, sans obstacle et le  » classique  » qui est un parcours de 15 à 20 minutes sur une rivière en eau vive. (…) Chaque kayakiste doit s’élancer en ayant en tête chaque partie de la descente afin d’éviter de perdre du temps sur certains secteurs. Le  » sprint  » nécessite beaucoup de puissance, le  » classique  » beaucoup d’endurance.

Quel est le principe de l’épreuve par équipe ?
T. D. – A l’image d’un contre-la-montre par équipe en cyclisme, le chronomètre est déclenché par le premier concurrent et s’arrête dès que le dernier de l’équipe franchit la ligne d’arrivée. Les sélectionneurs nationaux présentent les trois meilleurs spécialistes de la discipline. L’équipe s’élance en même temps et doit faire le parcours le plus rapidement possible en s’aidant et en se conseillant.

C’est la première fois que vous décrochez ce titre ?
T. D. – Non, nous avions déjà été titrés sur cette même distance en 2011 et 2012. Seul bémol, l’an dernier je n’étais que remplaçant. La France fait partie des meilleures nations mondiales avec la Slovaquie, l’Allemagne ou l’Italie, nous sommes donc toujours attendus.

La prochaine échéance, ce sont les championnats du monde. Vous devez avoir de grandes prétentions ?
T. D. – Après les « Europe », nous avons pris le temps de découvrir et d’étudier le bassin artificiel où se dérouleront les championnats du monde. L’avantage est que le débit de l’eau est contrôlé et que nous n’aurons aucun piège. Il faut simplement connaître par coeur les meilleurs passages. J’ai encore beaucoup de travail pour être au niveau des meilleurs mais j’irai là-bas pour ramener quelque chose. Cette année, j’aborde la compétition différemment. Avant, j’y allais pour faire un résultat et je me mettais la pression. Désormais, j’y vais pour faire une bonne course. Si la descente est bonne, les résultats suivront.

Vous possédez déjà un beau palmarès à 24 ans. Quel est votre objectif primordial ?
T. D. – Je veux être champion du monde. C’est la plus grande épreuve dans ma discipline puisque le kayak de descente n’est pas représenté aux jeux olympiques.

Pourquoi cette discipline ne figure-t-elle pas au programme des Jeux Olympiques ?
T. D. – Le kayak est représenté en slalom et en épreuve en ligne mais pas en descente. C’est un gros regret mais notre discipline sera testée non-officiellement à Rio, en 2016. Elle l’intégrera peut-être officiellement en 2020 mais c’est très loin pour moi. Il n’y a pas de pros donc il est difficile de voir à très long terme. Heureusement que je suis soutenu par mes parents, mon club et les partenaires locaux, grâce aux bourses sportives.