Aline Clément sera au départ du 6e défi Donnons des elles au vélo J-1.
© Nicolas Mortreux

Lors de notre premier contact, en mars, elle préparait la 6e édition du défi « Donnons des elles au vélo J-1 », programmée du 26 juin au 18 juillet. Mais, pandémie de Covid-19 oblige, Aline Clément et les autres chevilles ouvrières de l’événement ont dû revoir leurs plans  : le peloton amateur 100% féminin qui parcourt traditionnellement toutes les étapes de la Grande Boucle un jour avant les hommes, le fera cette année un mois avant eux, du 29 juillet au 20 août. Impliquée dans l’aventure depuis deux ans, la cycliste et triathlète vosgienne voit d’un bon œil la renaissance annoncée d’un Tour de France féminin professionnel sous la houlette d’ASO. Rencontre avec une sportive engagée qui n’a pas la tête dans le guidon.

Aline, en tant que cycliste et triathlète assidue, comment avez-vous vécu le confinement et la levée des restrictions pour le sport individuel en plein air le 11 mars ?

Aline Clément – J’ai très bien vécu le confinement ! Deux mois sans avoir à courir après le temps, deux mois à se recentrer sur son cocon, sa maison, sa famille, à revoir et repenser ses priorités, à revoir et repenser sa pratique physique et sportive, et celle de ses élèves… Je me suis fait un programme adapté que j’ai respecté à la lettre : home-trainer un jour sur deux, alternance entre course à pied et renforcement musculaire. Depuis le 11 mai, la seule chose qui change pour moi qui suis toujours en télétravail, c’est que je peux ressortir le vélo et m’évader sur notre magnifique terrain de jeu !

La pandémie de Covid-19 a bouleversé le calendrier des épreuves sportives. La 6e édition du défi « Donnons des elles au vélo » aura-t-elle lieu cette année ?

A. C. – Normalement oui. Après de nombreuses réflexions et discussions, nous avons décidé de garder le cap et de continuer à travailler sur le projet en l’adaptant à la crise sanitaire, tout en restant tributaire d’une annulation si les conditions l’imposent. La tenue de notre projet à J-1 des nouvelles dates du Tour de France (29 août – 20 septembre) étant impossible pour des raisons professionnelles, nous avons décidé, afin de garder une certaine logique, de rouler à M-1 soit du 29 juillet au 20 août.

Quelles dispositions devrez-vous prendre par rapport à la crise sanitaire ?

A. C. – Les inscriptions pour celles et ceux qui souhaiteront nous accompagner sur les étapes seront limitées en nombre et les gestes barrières devront être respectés. Il n’y aura pas d’accueils auprès des collectivités aux départs et arrivées. Enfin, cette édition 2020 se déroulant dans un contexte très particulier, nous souhaitons donner à notre projet une dimension solidaire. Nous inviterons sur les réseaux sociaux et sur les routes toutes et tous à faire un don au profit de la recherche, et tous les bénéfices de la vente de nos maillots de l’évènement y seront reversés.

De combien de cyclistes sera composé le peloton de cette 6e édition du défi « J-1 » ?

A. C. – On aurait dû démarrer l’aventure avec 35 participantes réparties au sein de trois équipes : 15 femmes estampillées « J-1 », 10 « internationElles  » et pour la première fois un « peloton orange » composé de 10 Néerlandaises. Du fait de la crise sanitaire et de ses conséquences, « Peloton Orange » et les « InternationElles » ont dû renoncer. Notre team Donnons des elles au vélo M-1 sera donc la seule à participer avec 14 cyclistes, ou 12 si les étrangères ne peuvent quitter leur pays.

Revenons quelques mois en arrière… En mars, Christian Prudhomme déclarait réfléchir à relancer un Tour de France féminin professionnel dès 2021. Comment avez-vous accueilli cette annonce ?

A. C. – C’est une très bonne nouvelle bien sûr, même si rien n’est encore officiellement acté. On se dit que le message que l’on véhicule depuis 6 ans en faveur de l’égalité femme/homme dans le sport et pour la promotion du cyclisme au féminin a enfin été entendu. C’est avant tout une juste récompense pour les professionnelles qui font des sacrifices toute l’année. Et en tant qu’amateures on se réjouit à l’idée de pouvoir regarder ce Tour de France féminin depuis notre canapé !

En savez-vous un peu plus sur la date et le format qui seraient choisis ?

A. C. La crise sanitaire a modifié les plans d’ASO puisque suite au report des JO en 2021, ce qui devrait être considéré comme le Tour de France Féminin devrait être reporté en 2022… En contrepartie ou plutôt en attendant, la prestigieuse classique cycliste Paris-Roubaix s’ouvrira pour la première fois aux femmes le 25 octobre prochain ! Le Tour féminin pourrait comporter 10 étapes comme le Giro féminin et se dérouler au mois d’août. Ce serait vraiment une option intéressante.

Compte-tenu de cette nouvelle donne, l’édition 2020 du défi « J-1 » sera-t-elle la dernière ?

A. C. Dans la mesure où on a obtenu ce pour quoi on se « battait », cela pourrait paraître logique. Mais quand on voit l’ampleur prise par l’événement, avec près de 5 000 personnes venues rouler avec nous depuis 2015, des partenaires fidèles et de nombreux suiveurs sur les réseaux sociaux, on se dit que ce serait dommage de tout arrêter. C’est pourquoi nous réfléchissons, autour du couple créateur du J-1 Claire Floret et Mathieu Istil, à une reconversion du « J-1 », un prolongement sous une autre forme. Ça pourrait devenir simplement une grande fête du vélo, mixte, avec la possibilité de venir participer à une ou plusieurs journées. Des opérations « Savoir rouler à vélo » pour les jeunes pourraient également être organisées en partenariat avec les collectivités sur nos lieux d’arrivée.

A titre personnel, vous cumulez les casquettes dans cette aventure…

A. C. – Quand je fais les choses, je les fais à fond, j’aime être actrice plutôt que consommatrice. Je suis arrivée en 2018, en déposant un dossier de candidature, puis je me suis prise au jeu. Être de A à Z dans l’organisation, c’est très important pour moi. Je m’occupe surtout des partenaires, des médias locaux et nationaux et du press book. Ça me prend du temps, en plus de l’entraînement 6 jours sur 7 pour pouvoir encaisser 3 500 km en 21 jours, mais ça rend cette aventure sportive et humaine encore plus attrayante et extraordinaire.

Bio Express :

Aline Clément

  • Née le 19 novembre 1979 à Gérardmer
  • Habite à Granges-Aumontzey
  • Professeur d’Education Physique et Sportive au collège de Fraize
  • 1ère licence FFTri à Bruyères Triathlon en 2003 (et toujours licenciée depuis)
  • 1ère licence FFC au Club Omnisport de Courcouronnes Cyclisme Féminin en 2018
  • Participation au J-1 en 2018, 2019, 2020
  • 18 000 km de vélo au compteur en 2019