Le Golbéen Christophe Marchal vise Tokyo 2020.

En septembre dernier, il a participé, à 53 ans, aux championnats du monde de handbike (vélo à main) avec l’équipe de France. Victime d’un accident de voiture et privé de ses jambes à l’âge de 22 ans, le Golbéen Christophe Marchal accélère la cadence chaque année. Au point de pouvoir rêver aux Jeux paralympiques de Tokyo en 2020. Entretien.

Christophe, quel bilan tirez-vous de votre premier Mondial et de votre saison 2019 ?

C.M. Je suis globalement content du Mondial. J’ai terminé les deux épreuves (contre-la-montre de 20 km et course en ligne de 51,8 km) à la 9e place. J’ai des regrets sur la course en ligne car je me suis fait piéger au départ et j’ai mis du temps à me remettre d’équerre. Ma saison est très satisfaisante. J’ai fait trois fois 8e sur les manches de coupe du monde (Italie, Belgique, Canada) et j’ai gagné la première manche de Coupe d’Europe. Cela fait 2 ans que je tourne bien, il faut que ça continue.

Le sport fait partie de votre vie depuis longtemps. Comment en êtes-vous venu au handbike ?

C.M. J’étais déjà sportif de haut niveau avant mon accident. J’ai été champion de Lorraine de cyclo-cross. J’ai fait un an d’hôpital, subi de nombreuses opérations. Ça a été dur à encaisser, j’ai mis un temps fou à m’en remettre. Puis j’ai refait surface, j’ai refait du sport, de l’athlétisme. Un jour le handbike a débarqué en Europe. Je m’y suis mis il y a une quinzaine d’années. Et aujourd’hui, je suis 8e mondial. Si on met de côté ma famille, le handbike, c’est ma vie. Je suis professionnel mais non payé.

Quelles sont les spécificités de cette discipline que vous pratiquez en position couchée ?

C.M. Par rapport au vélo, la différence c’est que quand une côte se présente on peut changer de vitesse mais on ne peut pas se lever de la selle. Et on pédale avec les bras. Pour donner un ordre d’idée, on fait du 32-33 km/h de moyenne en compétition et plus de 20 km/h à l’entrainement. J’adore m’entrainer. Je fais 50 km par jour en moyenne, plus de la musculation. Ça peut être un sport dangereux sur la route, mais j’ai le gros avantage d’avoir la piste cyclable qui longe le canal de l’Est.

Avez-vous une chance de participer aux Jeux paralympiques de Tokyo l’an prochain ?

C.M. – Oui surtout avec les résultats que j’ai en ce moment, mais ce n’est pas moi qui décide. Dans ma catégorie on est 2 Français à postuler et un seul sera pris. Si je parviens à avoir un nouveau vélo, je serai dans le coup. C’est la seule compétition qui me manque et c’est le rêve de tout sportif.

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