Le sapin de Noël de la place des Vosges à Épinal.
© Jordane Rommevaux

Malgré l’annulation des marchés de Saint-Nicolas, la Ville d’Épinal souhaite offrir une ambiance féérique à son centre-ville avec de nombreuses animations lumineuses. Épinal, ville de l’image, une volonté qui doit transparaître grâce au lancement de la marque Les fêtes de Saint-Nicolas à Épinal, qui sera désormais utilisée comme identité des festivités de fin d’année.

Quelques flocons tombent sur la ville, le fond de l’air est frais mais l’ambiance est chaleureuse au centre-ville d’Épinal. Les sourires ont fait leur retour sur les visages des enfants et se devinent derrière les masques de leurs parents. Les senteurs de bonbons, chocolats et gourmandises, venues des boutiques de chocolatiers, pâtissiers et boulangers de la place, éveillent notre odorat et se mêlent à l’ambiance musicale que la ville propose depuis les premiers jours de décembre.

Les fêtes de fin d’année approchent et, jusqu’au 3 janvier, la Ville d’Épinal a décidé d’offrir une véritable féérie lumineuse en son centre.

De la place Pinau, à la Basilique,en passant par le quai Lapicque, la place des Vosges, ou la rue du 170e Régiment d’Infanterie, c’est tout le cœur de ville qui se transforme grâce à des illuminations chaleureuses mais également des jardins éphémères, à découvrir place des 4 Nations, place des Vosges, place de l’Âtre et sur le pont du 170e RI.

Un véritable manteau de lumière qui est accompagné de la diffusion d’une Video Mapping déjà remarquée pendant la Fête des Images en septembre dernier, sur le Palais de justice d’Épinal, reprenant les œuvres du maître imagier Jean-Paul Marchal, décédé en 2016, par un spectacle de 7 minutes créé par Marie-Jeanne Gauthé. Il est diffusé tous les soirs entre 17 h et 22 h.

Un jeu de piste grandeur nature

L’univers de Jean-Paul Marchal sera encore à l’honneur sur le sapin de la place des Vosges puisque de nombreuses petites chouettes inspirées des estampes de l’artiste imagier, se trouvent dans l’arbre. Elles sont dotées d’yeux réfléchissants qui se révèlent grâce au flash des smartphones des passants.

Pour rendre cette période encore plus ludique, un jeu de piste est mis en place pour les enfants. L’objectif ? Découvrir pourquoi toutes les chouettes ne se trouvent pas sur le sapin de la place des Vosges, où les autres se sont cachées et surtout ce qui leur a fait peur. Pour y parvenir, il faudra répondre à de nombreuses énigmes. Un carnet de jeux complet est à retrouver sur le site www.epinal.fr, ou à se procurer en mairie ou à l’office de tourisme d’Épinal.

Enfin la rue de la Basilique voit apparaître cette année des installations artistiques lumineuses appelées  » les amours en cage » par la compagnie Porté par le Vent. Seize petites physalis colorées et délicates qui éclairent le chemin des spectateurs.

Une marque pour faire rayonner le patrimoine

La Galerie du Bailli propose une rétrospective des mises en lumière de la Fête des Images et des Fêtes de Saint-Nicolas. Une exposition soulignant la beauté changeante du patrimoine historique spinalien au rythme des saisons et des festivités. Parallèlement, la place des Vosges accueille une exposition du Bestiaire de Jean Paul-Paul Marchal à travers ses oeuvres les plus connues mais aussi des estampes plus confidentielles à découvrir ou redécouvrir.

Une édition 2020 forcément particulière, compte-tenu du contexte sanitaire, mais qui inaugure le lancement de la marque Les fêtes de Saint-Nicolas à Épinal et son logo spécifique inspiré de l’une des estampes de Jean-Paul Marchal, figure artistique désormais indissociable du patrimoine imagier de la ville. Une marque qui fera rayonner le patrimoine spinalien au-delà des frontières vosgiennes et permettra de capitaliser sur l’importance de l’image pour la ville d’Épinal.

3 questions à Patrick Nardin

Préoccupé par l’importance de la culture et le dynamisme de son agglomération, le maire d’Épinal Patrick Nardin, présente la Fête de Saint-Nicolas 2020.

Vous avez souhaité réinventer la Ville cette année, en lumière et en décors. Pourquoi ?

Patrick Nardin – Une Ville doit être constamment réinventée. C’est notre rôle d’élu que d’être à l’écoute, de proposer et de réaliser. À Epinal, nous avons la chance d’avoir une Ville pleine de talents, une Ville avec un riche patrimoine, souvent peu ou mal connu. Cette période des fêtes est une formidable occasion d’offrir à notre cité un écrin qui permet de la révéler et la redécouvrir. C’est aussi une manière d’offrir à tous un peu d’évasion, de magie et de rêve. C’est le rôle de Noël et des fêtes de fin d’année. Cette année est particulière. Dure. Tous, nous sommes touchés par cette crise sans précédent qui nous a obligés à fermer des lieux de culture et à annuler de nombreux spectacles et animations. Nous nous devions, plus que jamais, de parer la Ville de lumière et de décorations. C’est nécessaire, ce n’est pas un luxe… C’est aussi une forme de résistance à l’adversité.

Vous avez voulu une marque « Saint-Nicolas à Épinal »

P. N. – La fête de Saint-Nicolas est l’événement populaire et traditionnel le plus important de notre Ville. Elle rassemble tous les Lorrains depuis des générations. Nous nous devons de la protéger pour lui conserver son esprit. Un esprit d’ouverture, de rassemblement et de partage que défendent avec ardeur les membres de la Société des Fêtes d’ Épinal et éviter plus que tout, les dérives commerciales qui dénaturent trop souvent de tels événements. La marque que j’ai demandée de déposer à l’INPI s’inscrit pleinement dans cette démarche. Une démarche que je partage avec nos villes voisines de Nancy et de Saint-Nicolas de-Port qui ont souhaité elles aussi, déposer une marque de ce type il y a quelques années de cela. Une démarche qui, je le souhaite, pourra aussi compléter le dossier de classement des fêtes de
Saint-Nicolas au titre du patrimoine immatériel de l’UNESCO et que nous devons désormais porter tous ensemble.

C’est une estampe de Jean-Paul Marchal qui illustre cette marque. Pourquoi ce choix ?

P. N. – Effectivement. Il fallait que cette marque représente autant l’esprit de cette fête que la Ville d’Épinal, qu’elle s’inscrive dans la tradition imagière de la cité ; qu’elle soit populaire, lisible et moderne. Jean-Paul Marchal illustre parfaitement cela et je pense que tous les Spinaliens et les Lorrains seront désormais fiers et heureux d’utiliser cet emblème. Avec l’accord de la famille de l’artiste, les services de la Ville ont aussi « caché » quelques unes des chouettes malicieuses de l’artiste au travers des promenades proposées place de l’âtre et place des Vosges, autour du grand sapin… Une manière de saluer ce grand artiste et d’inviter les Spinaliens et les touristes à découvrir son univers tous les soirs entre 17 h et 22 h, place Edmond Henry, dans le très beau spectacle que lui a consacré Marie-Jeanne Gauthé.

Jean-Paul Marchal, parrain artistique de la marque

L’artiste imagier spinalien Jean-Paul Marchal (1928-2016) a exercé le métier d’instituteur de 1946 à 1984, dans la cité des Images. Passionné par la pédagogie et l’art, il s’est orienté vers le métier de typographe et d’imagier, après un apprentissage à l’école de l’Image. Il fonde l’Atelier du Moulin en 1980, puis se tourne progressivement vers la gravure sur bois et la linogravure, après avoir été formé par Jean Durand. Alors qu’il imprimait ses créations pour le plaisir ou pour ses proches, il a collaboré à de nombreux projets pour l’Imagerie d’Épinal. Ses motifs les plus connus sont les Saints, en particulier Saint-Nicolas, mais aussi les chouettes et tout un bestiaire poétique. Des œuvres plus confidentielles attestent de sa créativité foisonnante et de son généreux humanisme dans le plus pur respect de la tradition ouvrière et imagière.

ViàVosges : Pastilles d’artistes

La ville d’Épinal veut permettre aux artistes de s’exprimer en les soutenant. Avec ViàVosges, plusieurs pastilles d’artistes ont été enregistrées dans des lieux culturels symboliques de la ville. Sous la forme de courtes interviews d’ 1 minute 30 des artistes spinaliens représentant les domaines du théâtre, de la danse, de la musique, du livre, de la peinture ou de la photo (liste non-exhaustive) répondent à 3 questions sur leur ressenti par rapport au contexte sanitaire et les enjeux sur leur travail de création. Une sorte de calendrier de l’Avent artistique. Autre programme proposé par la chaîne locale, à retrouver sur le site de la ville d’Épinal, le discours de Saint-Nicolas à l’attention des enfants spinaliens, qui ponctue un reportage de 52 minutes sur les meilleurs moments du cortège des 3 dernières années. Un bon moyen de conserver la tradition, malgré l’annulation du défilé 2020.

Les festivités de Saint-Nicolas en chiffres

  • 6 – Longueur maximale en kilomètres des guirlandes installées sur le sapin, place des Vosges
  • 100 – Motifs posés sur les poteaux d’éclairage public
  • 16 – Hauteur en mètres du sapin installé sur la place des Vosges
  • 120 – Traversées de rue dans la ville
  • 126 – Arbres décorés, soit 10 km de guirlandes