Dans le silence d’un atelier ou sur une table de cuisine, un festivalier confectionne son fabuleux costume de perles et de plumes. Un secret farouchement gardé, au point que personne ne sait réellement qui se cache derrière le masque de l’autre.

 » Je peux très bien être costumé en femme avec un grand chapeau ! Je ne me dévoile que lors du discours du maire à la fin du carnaval. Une année j’étais déguisé en dieu de la mer, musclé et séduisant. Quand j’ai enlevé ma cagoule les gens étaient médusés. Il faut oser et ne pas avoir la trouille ! « , s’emballe Yves Chrétien, à qui l’on doit d’avoir importé le carnaval vénitien à Remiremont dans les années 90.
 
Le carnaval agit comme un désinhibant : un moment où l’on ose se montrer, où les timides affrontent la foule, les réservés vont vers le public. Mais attention, le carnaval vénitien est le carnaval du respect, du calme, un véritable éloge à la lenteur et au silence :  » Il y a un grand travail sur la gestuelle : on ne parle pas, on est presque des statues. Si on veut séduire, on envoie un baiser, on effectue un baisemain, on s’approche doucement des gens…  » 

Pour Yves Chrétien, Remiremont est la citée parfaite pour accueillir le carnaval vénitien. La ville partage d’ailleurs plusieurs points communs avec Venise :  » Remiremont a longtemps été gérée par les Dames chanoinesses. A Venise il y avait aussi cette omniprésence de la religion. Remiremont a également été une ville très commerçante comme Venise.  » Même s’il faudra se contenter de gondoles en carton pâte,  » peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse… « 

Avec 15 000 spectateurs attendus, près de 400 costumés venus de toute la France et au-delà, 70 personnes actives au sein du comité de pilotage, cette 17e édition devrait à nouveau déployer toute sa magie.