Le CV de Dieu avec Bénureau et Balmer, à Saint-Dié-des-Vosges.
© C. Vootz

On ne présente plus Jean-Louis Fournier et son verbe doux amer. On ne présente plus les comédiens Didier Bénureau et Jean-François Balmer. On ne présente pas non plus Dieu … Quoique ! Rares sont ceux qui ont lu son curriculum vitae !

Dans cette pièce de théâtre irrévérencieuse, Dieu vient tout juste de finir la création du ciel, de la Terre, des animaux et des hommes. Il s’ennuie et sombre dans une profonde mélancolie. Pour s’occuper l’esprit, il fait un peu de poterie mais le cœur n’y est pas. On pourrait dire que Dieu ne croit plus en Dieu et ça, c’est grave !

Il décide donc de chercher du travail sur Terre et pour ce faire, rédige comme tout un chacun un CV avant de se préparer pour l’épreuve démoniaque de l’entretien d’embauche. Le voici, un peu gauche, prêt à faire valoir son chapelet de compétences et traînant une grosse valise contenant son curriculum vitae en plusieurs albums dans le bureau d’un DRH teigneux et un peu beauf, pas du tout impressionné à l’idée d’interroger Dieu.

L’entretien d’embauche passe de l’admiration béate au règlement de comptes, de la vraie-fausse explication de texte de la Genèse du Monde à un vaste procès contre tout ce que Dieu n’a pas pu empêcher : la surpopulation, les ouragans, la sécheresse, la mer trop salée…

Evidemment, il a une sacrée expérience à mettre en lumière mais il doit aussi confesser certains côtés moins glorieux. Le spectateur alias le commun des mortels comprend vite que le texte ciselé de Jean-Louis Fournier tient davantage du dialogue poético-loufoque que de la métaphysique. Tous les jeux de mots sur le céleste y passent, souvent légers, parfois, un peu faciles. Il y a une vraie communion entre  les deux comédiens.

Enfant, Didier Bénureau, allait à la messe chaque dimanche, sans y croire mais sans déplaisir. Et dès ses débuts, il a enchaîné les seconds rôles au cinéma avant de se tourner vers l’écriture, le one man show et le théâtre. Il fait rire les spectateurs depuis plus de 30 ans et il est excellent dans la peau de ce DRH tatillon.

Quant à Jean-François Balmer, entré au conservatoire aux côtés de Francis Huster, Jacques Weber, Daniel Mesguich, Jacques Villeret et Isabelle Adjani, on le croise sur tous les fronts depuis près d’un demi-siècle. Il incarne un Dieu très humain.

Le texte est signé Jean-Louis Fournier, « un fou chiffonné, cerné d’angoisses existentielles, pour qui tout allait bien jusqu’à ce jour maudit où il est né » selon son ami Pierre Desproges. La messe est dite, c’est divin !

Le CV de Dieu

Samedi 25 janvier, 20 h 30

Espace Sadoul, Saint-Dié-des-Vosges

Tarifs : 27 à 30 €, 15 € pour les étudiants, billets famille 75 €

www.ca-saintdie.fr