Inutile de préciser que  » Les fourberies de Scapin  » est un classique scolaire parmi les classiques, un incontournable de Molière ! Tellement connu que l’on a du mal à espérer être surpris pas une énième adaptation. Et pourtant…

La compagnie Emilie Valantin relève pourtant le défi et tient sa promesse. Une conception extrêmement originale puisque le comédien-manipulateur Jean Sclavis est seul en scène avec huit grandes marionnettes proches de la taille humaine (140 centimètres environ).

Revenons sur le propos de la pièce : Zerbinette est aimée de Léandre et Hyacinthe d’Octave, mais leurs vieux pères ne veulent pas en entendre parler. Scapin met tout son génie de valet malicieux à résoudre l’intrigue, dont il tire ici les ficelles au sens propre, manipulant à vue les magnifiques marionnettes. Car Scapin est un manipulateur et on ne l’avait jamais aussi bien ressenti qu’en le voyant ici tenir entre ses mains la vie de ses marionnettes. Une performance d’acteur qui se joue avec des sacs, des leviers de déchargements, des marionnettes, un comédien et deux régisseurs.

Afin d’éviter les deux écueils de la reconstitution historique et  de la réactualisation, l’action se situe dans un passé imaginaire gommant les références historiques des décors et costumes. Une interprétation surprenante et magique.