Roseraie Epinal
© Manuel Villanueva

Comment passe-t-on du statut de fan à celui de dessinateur de mangas et de comics ? Sous l’effet de proches bienveillants et encourageants ! Mais aussi grâce à un coup de crayon effilé et à un sens des couleurs maîtrisé. Portrait de Manuel Villanueva Y Espana.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Manuel Villanueva Y Espana est professeur d’Espagnol, ce qui ne l’empêche pas de nourrir une passion dévorante pour le dessin sous toutes ses formes. « Je suis tombé dans la BD à l’âge de quatre ans. Le premier qui m’a interpellé, c’est Batman de Bob Kane. » Comme beaucoup d’enfants, Manuel dessine des heures durant. Mais comme peu d’entre eux, il continue aujourd’hui à l’âge de quarante-six ans. Jusqu’à l’année dernière, il réservait ses dessins à un cercle restreint.

Mais il s’est rendu compte que les gens accrochaient et il s’est lancé. Les commandes affluent, les expos s’enchaînent et le compte Facebook s’affole. En l’espace de dix mois, plus de cinq-cent-cinquante personnes le suivent et commentent ses œuvres. A Epinal, au magasin Cultura, il organise des ateliers mangas et monstres à destination des ados. Totalement autodidacte et curieux de tout, Manuel explore différents supports et techniques. Il travaille sur du papier A3 ou A4, des papiers naturels, des papiers noirs.

Il manie indifféremment aquarelle, encre de Chine, feutres. « Je regarde ce que font les autres. Je suis ouvert sur le monde pour trouver ce qui me correspond. » Il apprécie la BD franco-belge, la BD indépendante, les héros méconnus du polar à la SF. Son univers est purement imaginaire. Ceux qui l’accompagnent depuis ses débuts se nomment Goldorak, Thor, X-Men, Albator, Batman, Wolverine, Cat Woman, Captain America, Punisher, Dragon Ball Z. Il y a une vingtaine d’années, il passait pour un « extraterrestre » ; moins depuis que le public a découvert les univers Marvel et DC Comics. Il aime ces personnages « grands héros en public mais loosers en privé » tels que Batman ou Peter Parker.

Chaque dessin, c’est un défi à relever !

Il travaille à la commande pour les particuliers. Récemment, il a dessiné des enfants parmi leurs héros préférés : Spider Man, Monstres et Compagnie, les chiots de Pat Patrouille. Au fur et à mesure de l’avancée de ses travaux, il montre à ses clients les crayonnés, l’encrage et la mise en couleur. « Chaque dessin, c’est un défi à relever ! ». Il aime trouver des points de vue différents à ses personnages cultes. Il transporte la cité des images aux confins de l’espace et replace Alien et Albator dans l’Arc des Minimes ou près des doigts de César. Il marie la Petite Sirène à Aquaman, Wonderwoman à Daenerys Targaryen, Zorro de One Piece à Captain America dialoguant en Espagnol.

Pour l’instant, ses tarifs restent très abordables même s’il peut passer quinze heures sur un dessin. (A partir de 60 euros) « Je me fais plaisir ! » explique-t-il. Il a récemment réalisé une table basse avec les « super vilains de Batman en train de jouer au poker ». En novembre, il a exposé ses dessins au casino de Vittel. Il espère à long terme réaliser des illustrations et pourquoi pas, une BD ? Son style est en perpétuelle évolution. L’année 2018 s’annonce d’ores et déjà chargée. Le 20 janvier, de 18 h 30 à 23 h, dans le cadre de la nuit de la lecture, il sera présent à la BMI d’Epinal et animera un atelier autour du fantastique et des monstres. Et il sera au festival Comics de Chaumont, en juin prochain.

Muriele Charlet-Dreyfus