À l’intérieur d’un piano, il existe tout un tas de pièces et de mécaniques complexes. Mais Jean-Baptiste Boussion veille. Partout en Lorraine et en Alsace, son travail d’accordeur consiste à maintenir ce système en bon état. Un métier passionnant.

 » Il va déjà mieux, mais il y a encore du travail !  » Jean-Baptiste Boussion n’est pas chirurgien, mais il opère sur des patients bien particuliers. Cet accordeur de métier évoque les pianos comme s’ils étaient vivants. On n’est pas si loin de la réalité. 

Aujourd’hui, c’est dans les Vosges qu’il intervient, sur un petit piano à queue de marque Yamaha, domicilié à Chantraine. Tension prise auprès des cordes, il vérifie la bonne tenue du son afin que son patient japonais garde toute son énergie et son harmonie. Les gestes sont méticuleux, effectués avec une précision chirurgicale.  » Les enfants m’appellent le docteur des pianos « , sourit-il.

Issu d’une famille de musiciens, Jean-Baptiste Boussion est un passionné.  » Le piano, c’est mon instrument de coeur depuis tout petit  « , avoue t-il. Il joue bien sûr depuis longtemps, et a donné des cours au conservatoire avant de s’intéresser au métier d’accordeur. Un monde dont il ne connaissait rien, ou presque, avant d’y être initié. 

 » Le piano reste un grand mystère pour beaucoup de gens « , explique Jean-Baptiste Boussion.  » Finalement, ce n’est qu’un meuble sur lequel on appuie et des sons sortent. Mais quand on s’y intéresse, on se rend compte que c’est beaucoup plus compliqué : il y a plus de 6 000 pièces dans un piano. « 

Depuis son atelier en Alsace, Jean-Baptiste Boussion parcourt l’Est de la France à la recherche de pianos à accorder. Chaque semaine ou presque, il opère dans nos contrées vosgiennes. Mais avant de se lancer en solo, il a effectué une formation à l’ITEMM (Institut technologique européen des métiers de la musique). 

Basé au Mans, c’est l’un des seuls pôles formateur au métier d’accordeur en France. Très technique, le métier est assez semblable à celui d’un artisan.  » Un accordeur sculpte le son, chacun a son propre savoir-faire « , affirme Jean-Baptiste.

Ce qui est fascinant quand on est accordeur, c’est de découvrir  » la face cachée de l’iceberg « , comme l’explique Jean-Baptiste.  » La mécanique du piano est très complexe « , poursuit-il. Sur la plupart des pianos, on trouve 88 touches, reliées à 88 marteaux recouverts de laine. 

Ce sont ces marteaux qui, lorsque l’on appuie sur une touche, vont faire résonner les cordes et produire un son. Ce système fragile, sensible aux variations de températures et à l’usure, nécessite un entretien régulier : au moins une fois par an pour les particuliers et plus chez les professionnels.

Le travail de l’accordeur, en plus des réglages annexes, est de rétablir la justesse de l’instrument :  » On est dans une recherche de beauté du son, c’est très subjectif. Tout le monde n’accorde pas un piano de la même manière « , assure Jean-Baptiste. On lui demande parfois si son métier est ennuyeux. Lui ne trouve pas. 

 » Il faut beaucoup de ténacité et de patience, car c’est un métier assez répétitif. Mais l’accordage n’est qu’une petite partie de mon travail.  » En atelier, il s’occupe aussi de refaire les claviers, les cordes, et restaure des pianos. Si le métier est traditionnel, Jean-Baptiste reste ouvert au changement.  » Au départ, j’avais l’impression que le petit monde des accordeurs était cloisonné. Mais finalement, il y a beaucoup d’échange et l’on apprend toute sa vie « . De quoi, peut-être, susciter des vocations ?

Le comptoir du Piano
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