Nous vous avions parlé, la semaine dernière, de ce jeune prodige Spinalien qu’est Mathis Ringenbah ! Âgé de 17 ans, ce lycéen, scolarisé au lycée Claude Gellée (Épinal), a récemment publié son premier roman de Science-Fiction : « La graine dans les nuages ».

Nous avons eu la chance de pouvoir l’interviewer.

Parlons de votre roman. Si vous deviez le résumer en quelques phrases, comment le décririez-vous ?

Pour faire simple, et ne pas trop en dévoiler l’intrigue, je dirais que c’est l’histoire de jumeaux, un humain et un robot, qui sont tous deux orphelins et vivent dans un Paris. lls sont en outre victime d’un mythe, très répandu sur les réseaux sociaux au XXI ème siècle : le karma. Ils vivent dans les quartiers pauvres. Le personnage principal, qui est l’être humain, est totalement en marge de la société, harcelé et rejeté par les autres. Ils ne comprennent pas vraiment pourquoi on se comporte ainsi avec eux, ils se posent beaucoup de questions. Puis, lors d’une mise à jour du robot, les jumeaux trouvent un message, dans le cerveau de ce dernier, qui contient des informations personnelles sur eux. Ils partent alors en quête de vérité.

Pourquoi avoir choisi la science-fiction ? Quels sont les raisons qui vous ont poussé à écrire un roman de ce genre ?

J’ai naturellement choisi d’écrire un roman de Science-Fiction car ce genre littéraire était parfait pour dénoncer, montrer et mettre le doigt sur certains problèmes que nous rencontrons, à mon sens, à l’heure actuelle. C’est un style permettant de pousser le lecteur à se questionner par lui-même, le choquer, sans pour autant lui donner la réponse à ses questions. Outre l’histoire, je voulais que mon roman soit porteur de messages, accusateur quelque part. Je voulais dénoncer certaines inégalités auxquelles nous faisons face, comme l’intolérance, la destruction de l’environnement ou encore les dérives qu’entrainent les réseaux sociaux ou le transhumanisme, sans pour autant traiter ces problématiques dans notre époque. En utilisant un « décor » lointain, je pouvais ainsi insister encore plus sur les problèmes que je vois autour de moi, les exagérer et même en démontrer les futures conséquences.

C’est une sorte de caricature de notre société actuelle ?

Si j’avais voulu dénoncer ces choses, dans notre société actuelle, mon roman aurait trop fait « journal intime » selon moi. Je voulais à tout prix me détacher de cette image, qui aurait pu paraître pas assez sérieuse, choquante, trop enfantine. Mais je voulais aussi que ce roman me plaise, que ce soit un style que je pourrais lire, et surtout qu’il reste « léger ».

C’est-à-dire ?

J’entends par là le fait que je ne voulais pas que ce soit un livre uniquement négatif, uniquement accusateur. Je voulais que les personnes qui lisent mon livre puissent se perdre dans un monde imaginaire, s’évader, et qu’il soit finalement porteur d’espoir. Je ne voulais surtout pas que mon livre rendent pessimiste les personnes quant à notre futur. La science-fiction me permettait de mettre à profit toute mon imagination et tout l’espoir que j’ai pour notre avenir.

Où trouvez-vous toute cette inspiration ? Des auteurs vous ont-ils influencé ?

Je tire mon inspiration et mon imagination de mon entourage, des personnes que je peux rencontrer, de ce que j’ai pu voir ou entendre. Je suis quelqu’un de curieux, je me pose beaucoup de questions et j’analyse ce qui m’entoure. Au fur et à mesure du temps, je me rendais compte de certains problèmes qu’il y avait et qu’il y a toujours autour de moi. Je me suis rendu compte qu’il y avait des choses que je voulais dénoncer, dont je voulais parler. Je me suis aussi inspiré de ma propre personne, notamment dans la création du personnage principal. Il ne me ressemble pas totalement, mais disons qu’il a certains traits de caractère que je possède, comme sa curiosité et sa capacité de réflexion quant à ce qui l’entoure. J’imagine donc que je me suis indirectement inspiré de moi dans l’écriture de ce roman. Je ne pense pas qu’il y ait vraiment de films, de livres ou d’auteurs en particuliers qui aient pu m’influencer. Il faut savoir que je ne consomme pas uniquement de la science-fiction. Je m’intéresse à énormément de domaines différents.

Votre roman s’intitule « La graine dans les nuages ». Que signifie ce titre ?

Ce titre a plusieurs sens différents. Le premier c’est parce que j’ai repris l’expression « La tête dans les nuages ».

C’est parce que je suis un grand rêveur, je suis toujours dans mes pensées. Ensuite, j’ai remplacé le mot « tête » par graine. C’était pour représenter le cycle de la vie. Au départ, nous sommes chacun une graine. Puis, nous grandissons, nous nous élevons, pour ensuite mourir, aller au paradis, aller aux cieux, aux nuages en quelques sortes. Il y une part de spiritualité et de religions dans ce roman.

Ce titre a aussi un dernier sens, mais c’est un sens que nous pouvons comprendre, uniquement après avoir lu le livre. À travers leur périple, les jumeaux vont prendre de l’importance dans l’univers, devenir spéciaux et grands. Un peu comme une graine qui grandirait et qui prendrait de plus en plus de place autour d’elle.

« La graine dans les nuages » a-t-il une fin fermée ou peut-on espérer une suite ?

Mon roman possède une fin fermée, je n’envisage pas de suite. D’ailleurs, à l’heure actuelle je n’ai pas de projets d’écriture en vue. Pour l’instant je lis beaucoup, en tout cas j’essaye un maximum. J’écris de temps à autres quelques nouvelles, mais rien d’extrêmement volumineux.

Vous souhaitez devenir écrivain/romancier ou cette passion pour l’écriture ne restera qu’un loisir ?

Pour l’instant, non. Devenir écrivain, c’est quelque chose qui prend beaucoup de temps, plusieurs années. Ça sera peut-être possible qu’un jour je le devienne mais ce n’est pas ce qui me préoccupe le plus aujourd’hui.

Je n’écris que lorsque j’en ressens le besoin. C’était un moyen pour moi de me trouver, de grandir en quelques sortes. Qui sait, peut-être que dans quelques années je serai écrivain ? Peut-être pas uniquement dans le domaine de la science-fiction. On verra !

Quelles études supérieures envisagez-vous et vers quel métier vous prédestinez-vous ?

Je ne sais pas encore vraiment. Je me suis orienté vers une filière scientifique car je ne savais pas encore vraiment quoi faire. Je voulais simplement rester dans un domaine général, sans trop me fermer de portes pour la suite de mes études. J’envisage des études encore très générales, comme un DUT Techniques de Commercialisation, en attendant que je sache vraiment ce que je veux faire même si le métier de manager me plairait bien !

Publier son premier roman à l’âge de 17 ans, c’est quelque chose de peu commun. Ça fait longtemps que vous êtes sur son écriture ?

Oui, ça fait déjà un moment que je suis dessus ! Je crois que j’ai eu mes premières idées aux environs de Noël 2017. Au départ, j’avais commencé à écrire une nouvelle. J’ai laissé passer du temps, je l’ai relu et réécrit, pour au final avoir une première version. J’ai par la suite contacté des maisons d’éditions pour qu’elle soit publiée, mais aucune n’a accepté. Avec le recul, je me rends compte que ces refus étaient une bonne chose. Ce n’était pas assez complet à mon sens.

Comment avez-vous réagi alors ?

J’ai réécrit et retravaillé le texte, pour en faire un roman, quelque chose de moins enfantin et plus conséquent à lire. J’ai par la suite pu signer un contrat, le 26 janvier dernier, avec la maison d’édition Maïa, une maison d’édition plus petite que celles que j’avais pu contacter auparavant, mais une maison d’édition avec qui je m’entends parfaitement bien, et surtout qui a su me faire confiance. Je ne les remercierai jamais assez pour cela.

Où et quand pourra-t-on se procurer votre roman ?!

Il est à l’heure actuelle déjà disponible à la vente, sur le site de la maison d’édition Maïa. Pour l’instant il n’y a que sur ce site que l’on peut le trouver, mais il sera bien disponible, plus tard, en librairie et sera référencé dans les grandes enseignes !

Lien vers le site Internet de la maison d’édition Maïa :

La graine dans les nuages

Enfin, quel conseil pourriez-vous apporter à un jeune passionné d’écriture, qui voudrait publier son premier roman ?

C’est marrant de devoir répondre à cette question ! Il y a encore quelques mois, je regardais des vidéos d’auteurs à qui l’on posait ce genre de questions, ça me fait bizarre ! Honnêtement, je ne sais pas vraiment, je n’ai pas la prétention d’être un vrai auteur, je me vois mal vraiment donner des conseils. Si je pouvais simplement lui dire une chose, ce serait de profiter un maximum de l’écriture du roman. La publication du roman, la signature du contrat, ce sont évidemment des instants incroyables. Mais les moments qui m’ont le plus marqué ont été ceux que j’ai consacré à l’écriture. Je lui dirais donc de profiter un maximum !