© Clémence Simon
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Procès de sorcellerie, vols de poulets ou crimes de sang… Du Moyen-Âge à la Belle Époque, Remiremont a eu son lot d’affaires judiciaires, étonnantes par leur décalage avec notre société actuelle. De passionnants vestiges du passé à découvrir aux Archives municipales.

Lorsque l’on entre dans la pièce, l’exposition semble peu fournie. Mais il ne faut pas se fier aux apparences : les Archives municipales renferment bon nombre de trésors liés à l’exercice de la justice à Remiremont et ses alentours. Après un important travail de recherche, plusieurs thématiques majeures ont émergé, du Moyen-Âge à la Belle Époque. « On a voulu rappeler le contexte institutionnel, montrer les différentes instances judiciaires dans la ville et on a choisi des profils de crimes et délits différents selon les époques », explique Aurélia Benas, directrice des Archives municipales. Une mise en valeur la richesse de ces archives, qui donne un aperçu précieux de la vie quotidienne et permet de constater les différences de traitement selon les périodes.

Aurélia Benas, directrice des Archives municipales de Remiremont

De 1427 à 1901, des témoignages écrits, des rapports de police et quelques coupures de journaux donnent à voir une vision fluctuante de la société. Sous l’Ancien Régime, la justice est considérée comme un pouvoir émanant de Dieu. Cette autorité est confiée à un seigneur ecclésiastique ou laïc, qui délègue ensuite ses compétences judiciaires à la municipalité. Pas forcément équitable, on attend de la justice qu’elle soit sévère, autant que l’était la société.

 

La torture, pas toujours utilisée, était censée éviter que le verdict ne soit rendu sur la seule intuition du juge. Les témoignages étaient également précieux, et quelques éléments de médecine légale apparaissent au 16e siècle. Les choses évoluent véritablement après la Révolution Française, pour s’approcher du système que l’on connaît actuellement. « Au 19e siècle, on ne parle plus de pouvoir de Dieu », explique Aurélia Benas. « On s’attache plus à la raison et aux études scientifiques pour juger une affaire. »

 

Les seuils de tolérance

« Une tentative de vol de lard pouvait valoir un bannissement sous l’Ancien Régime, alors qu’elle est punie de quinze jours de prison plus tard », avance la directrice du musée. Les peines de prison sont d’ailleurs peu courantes avant le 19e siècle, les accusés étaient surtout enfermés dans l’attente de leur procès. Les notions de liberté et de propriété deviennent fondamentales à la Révolution Française. Quelques affaires nous semblent incongrues au regard de la société actuelle, mais révélatrices d’un mode de consommation différent : personne n’aurait l’idée aujourd’hui de poursuivre son voisin en justice pour le vol d’un chevalet !

Les procès pour sorcellerie

Dans le dernier tiers du 16e siècle, ceux-ci se font de plus en plus nombreux et touchent la Lorraine, terre très catholique. « La réforme protestante et les guerres de religion ont beaucoup divisé à cette période », indique Aurélia Benas. « Il suffisait d’un événement anormal pour désigner un bouc émissaire ». À Remiremont, une sorcière est notamment accusée après d’importantes chutes de grêle. Soumise à la torture, elle est incitée à donner d’autres noms. Derrière ces procès se cachaient ainsi souvent querelles de voisinage et règlements de compte… Heureusement pour nous, ces pratiques sont depuis longtemps révolues !

INFOS PRATIQUES

Exposition Crimes et délits à Remiremont du 7 février au 8 juin, les mardis, mercredis et jeudis de 13 h 30 à 17 h 30
Archives municipales de Remiremont. Visites guidées les 16/02 et 16/03 à 17 h (sur réservation). Entrée libre – Tél. 03 29 62 59 04