Le chanteur et saxophoniste camerounais Manu Dibango sera sur la scène du Trait d'Union de Neufchâteau.
© Edmond Sadaka

Avec son saxo, ses lunettes noires et son crâne rasé, Manu Dibango est l’un des pionniers de l’Afro jazz. Cet auteur, chanteur, compositeur au tempérament de nomade, né au Cameroun en 1933 balade sa musique depuis plus de soixante ans sur tous les continents.

Touché par la grâce musicale quand il est enfant, le petit Manu fait ses débuts en grattant la mandoline puis en apprenant le piano. Il découvre rapidement ses maîtres : Armstrong, et Bechet, les deux figures emblématiques du jazz noir américain. Et il s’initie au saxophone qui deviendra son instrument de prédilection.

Le grand chanteur Kabasélé lui propose de rejoindre son groupe l’African jazz pour jouer de la musique congolaise. En chemin, une idée germe : inventer un patchwork tissé de conversations entre jazz et musiques africaines. Ensemble, ils enregistreront une quarantaine de morceaux pendant quinze ans. African soul mélange jazz, rumba et rythmes latino.

Dans les années 1960, il lance avec succès la mode du twist à Kinshasa. Puis après un passage au Cameroun, il revient en France et fait des tournées avec Nino Ferrer ! Il enregistre plusieurs albums dansants et à l’occasion de la huitième coupe d’Afrique des Nations, grand événement footballistique qui se déroule à Yaoundé, il compose le plus gros tube africain de tous les temps, Soul Makossa.

Manu Dibango jette des ponts entre différents courants musicaux et est souvent là où on ne l’attend pas. Il publie une autobiographie et le volume un des Négropolitaines, disque de reprises revues et corrigées. Son esprit d’ouverture lui permet d’aborder toutes sortes de rivages, le jazz, le rap et la musique traditionnelle.

Quand une carrière est longue, elle est forcément en dents de scie. Mais Manu a su depuis ses débuts imposer son style tout en visitant différents courants musicaux. Il a été nommé artiste de l’Unesco pour la paix en reconnaissance à sa contribution exceptionnelle au développement des arts, de la paix et du dialogue des cultures dans le monde. Infatigable semble être l’adjectif qui convient le mieux à Papa Groove !

Muriele Charlet-Dreyfus

Manu Dibango

Vendredi 5 octobre 20 h 30

Le Trait d’Union, Neufchâteau

Tarif : 10 à 20 €