La Madelon a subit un lifting vivifiant.

Depuis le début de l’année 2020, la brasserie La Madelon de Saint-Etienne-les-Remiremont a changé de main. C’est désormais Vincent et Frédérique Claudel qui gèrent l’établissement vosgien avec une multitude d’idées novatrices en tête. Vous reprendrez bien une petite mousse !

Vincent Claudel, vous avez repris avec votre femme Frédérique cette brasserie emblématique dans les Vosges, il y a quelques mois. Comment avez-vous eu l’idée de vous porter acquéreur de La Madelon ?

Vincent Claudel Nous venions de passer 25 ans dans la grande distribution. Nous étions propriétaire de l’enseigne Super U de Thaon-les-Vosges mais après avoir souffert d’un infarctus, j’ai pris la décision en accord avec ma femme de vendre. Le monde de la grande distribution est usant physiquement comme nerveusement. On a pris une année et demie à rechercher une activité plus sereine et un jour on a visité La Madelon. Francis Hoffner voulait vendre et je suis tombé amoureux du site et de l’activité.

Vous connaissiez déjà cet univers brassicole ?

V. C. – Je ne suis pas du tout proche de ce monde. J’ai fait quelques formations avec Patrick Groger, maitre brasseur chez Fischer et qui a inventé la Despérados. Il y a un brasseur qui était déjà en place avec l’ancien propriétaire, que nous avons conservé. La brasserie tournait, même s’il y a eu des périodes difficiles économiquement mais ce n’est pas pour cela que l’ancien propriétaire voulait se détacher de La Madelon. A 67 ans, Francis voulait logiquement passer la main.

Vous avez mis longtemps avant de vous lancer dans l’aventure ?

V. C. – Ça nous a pris comme un coup de fusil (rire). On est venu visiter et on a adoré. Le temps de tout étudier correctement et c’était parti. Première visite en août 2019 et le rachat a été officialisé le 11 mars, pour un montant de 600 000 euros.

Ce confinement vous a permis de revoir la logistique et le design de la brasserie ?

V. C. – Nous en avons profité pour remplir les cuves à leur maximum pour réorganiser la brasserie et pour rajeunir la boutique. Nous avons créé une salle de séminaire de 20 personnes et aussi un nouveau logo en offrant un coup de jeune à la nouvelle Madelon sur les étiquettes. Nous n’aurions jamais eu le temps de le faire, surtout en si peu de temps, donc ce confinement a été un mal pour un bien. On a donné un coup de neuf au bâtiment pour l’extérieur avec des grapheur, le site est nickel.

La brasserie est un espace de vente et de consommation. Avez-vous l’ambition de créer un véritable lieu de vie festif (concert, restauration…) ?

V. C. – Nous disposons de 2 000 m2 pour la production, l’espace de vente et de dégustation. Notre boutique de 200 m2 propose des produits régionaux qui viennent de producteurs 100% Vosgiens. Le but est de vendre notre bière avant tout et d’étoffer avec produits régionaux. On recycle à 100% nos déchets. La drêche (résultat du malte d’orge concassé, ndlr) après le brassage est donnée aux agriculteurs, qui nourrissent leurs cochons et vaches. En échange, on leur rachète leur produit donc on applique un circuit court parfait (rire) avec de la charcuterie que l’on peut acheter dans notre espace de vente, bien sûr. En marge, on va créer du savon et du shampoing sec avec la drêche. C’est Frédérique qui a eu cette idée dans un soucis de recyclage. On a fait les premiers tests avec des savons qui sentent bon. Ils sont exfoliants car c’est rêche comme produit.

En termes de chiffres, combien brassez-vous d’hectolitres de bière ?

V. C. – L’ancienne équipe a brassé 1 800 hl l’an dernier. Cette année on devrait être proche de 2 000 hl donc nous sommes fiers d’afficher une progression. D’autant que nous avons une capacité maximale de 3 500 hl. On peut viser 2500 en 2021. On pense déjà à réinvestir dans des outils pour être encore plus performants, donc je suis confiant en l’avenir. D’ailleurs, nous sommes actuellement 4 salariés et nous allons embaucher en novembre pour former une personne à la base.

www.brasserie-lamadelon.fr