La spiruline c’est l’algue miracle des sportifs et de ceux qui recherchent des nourritures saines. C’est aussi la potion magique avec laquelle ces deux agriculteurs vosgiens développent leur nouvelle activité à Rancourt. Une première dans les Vosges.

Les Aztèques en avaient déjà compris toutes les vertus et en consommaient régulièrement. La spiruline, cette micro-algue vieille de trois milliards d’années, est désormais cultivée dans les Vosges. Cela grâce à Stéphane Bregeot et Stéphane Lanterne, deux agriculteurs réunis pour la première production vosgienne de ce super-aliment, faible en calories mais très riche en nutriments.

Ils sont encore peu nombreux à la cultiver en France, où l’on compte à peine 150 petits producteurs. C’est à Rancourt, paisible hameau de 58 habitants, qu’un premier bassin est sorti de terre.  » Il mesure 850 mètres carrés et on devrait récolter un kilo par mètre carré de spiruline chaque année « , indique Stéphane Bregeot. 

Penché sur son microscope, il observe un échantillon de ces algues minuscules de couleur bleu-vert, invisibles à l’oeil nu :  » Les algues sont en forme de bâtonnet et de spirale, d’où elle tient son nom. Contrairement aux croyances, la spiruline n’est pas une algue provenant de la mer. Elle prolifère à la surface des lacs et des grandes mares « , complète ce nouveau spécialiste de la petite algue.

Pour être à son aise, la spiruline a besoin de lumière et de barboter dans une eau à 30 degrés. C’est là que les deux exploitants du GAEC de la Grande Saule à Maroncourt et du GAEC du Braumont ont eu une idée géniale : réutiliser la chaleur produite par leur unité de méthanisation sortie de terre il y a trois ans. 

Les effluents de leurs animaux d’élevage y transitent, le temps d’un malaxage pour produire du méthane, avec lequel est actionné une génératrice d’électricité. Un système qui génère 2 millions de kilowattheures à l’année mais aussi une chaleur de 80 degrés utilisée pour réchauffer les bassins de spiruline.

Ainsi dorlotée, la spiruline augmente quinze fois de volume chaque jour. Une vraie plante miracle. Une fois récoltée, elle est tamisée dans des filtres à 36 micromètres puis séchée en quelques heures. 

Une première en Lorraine

Découpée ensuite en paillettes, elle est vendue sous forme de pot et de pochette, sous le nom de Spirul’In Vosges, pour 15 euros les 100 grammes. Elle sera vendue à des grossistes ou aux particuliers. Les deux Stéphane se sont affiliés à la Fédération des spiruliniers de France et ont investi 250 000 euros dans ce projet. Un salarié sera recruté pour assurer la récolte.

Une production 100 % vosgienne, mais pas bio. En réalité, il n’existe pas de production bio de spiruline en France. Le cahier des charges n’a pas encore été développé par le Ministère de l’agriculture. 

Alors en attendant, c’est l’organisme Ecocert qui encadre le mode de production. Ils sont les premiers dans les Vosges et en Lorraine à se lancer dans l’aventure. La plupart des autres producteurs sont basés dans le sud de la France.

Remise au goût du jour dans les années 1950, la spiruline est aujourd’hui le dada des sportifs et des végétariens, car elle contient de 55 à 70 % de protéines végétales.  » Elle est aussi riche en fer et en vitamine B12. Elle a une action drainante, détoxifiante et réduirait le cholestérol « , renchérit Stéphane Lanterne.

Si son efficacité n’a pas été prouvée scientifiquement, elle suscite aussi l’intérêt grâce au pigment coloré qu’elle contient.  » C’est la phycocyanine, le seul pigment naturel qui peut donner une couleur bleue à des produits alimentaires « , explique l’agriculteur. 

Un or bleu pour l’industrie agro-alimentaire et l’industrie cosmétique : les célèbres bonbons smarties ou haribo l’utilise pour colorer leurs bonbons. On y trouvera peut-être un jour de la spiruline vosgienne !

Infos : contact@spirul-in-vosges.fr