Plusieurs affiches remplacées dans le centre d'Épinal, par un collectif anti-pub.

Les habitants spinaliens ont peut-être eu la surprise de voir les panneaux publicitaires de quelques arrêts de bus du centre-ville d’Épinal, être remplacés par des messages anti-publicitaires. Une action pacifique « de désobéissance » organisée par un collectif de militants anti-publicités qui ont remplacé une vingtaine d’affiches « pour sauver les yeux des passants » précisent-ils.

De façon ironique, le collectif a remplacé les habituelles publicités par des affiches artisanales mentionnant un slogan anti-pub rappelant celui de la marque du bassin spinalien « On n’est pas bien là ? » par « On est pas mieux là ? ».

Au total, se sont 7 panneaux publicitaires de marque JC Decaux qui ont été remplacés par des affiches « pour alerter les habitants d’Épinal sur le danger de la publicité », ajoutent-ils. Près d’une vingtaine de publicités ont été retirés au total.

Le communiqué du collectif anti-pub :

 » La polution lumieuse et visuelle est une nuisance à plusieurs égards :

  • Elle constitue un gaspillage énergétique, qui se traduit par des déchets nucléaires et des émissions de carbone supplémentaires ; on décompte près de 50 panneaux publicitaires lumineux ou non à Epinal. D’un point de vue environnemental, c’est autant de logements qui pourraient être alimentés à la place.
  • Incitent à la surconsommation et résultat : une population qui ne trouve pas son salut dans la « croissance », toujours frustrée de ne pas pouvoir profiter du dernier appareil technologique ou de la dernière tendance, ou au contraire fière de l’arborer. Cette manipulation ne peut plus durer si nous voulons faire évoluer les consciences quant aux dérèglements climatiques et à la décroissance impliquée.
  • Dangerosité des panneaux qui éblouissent les usagers et dérèglent le sommeil. Propos recueillis anonymement à une passante ce matin en prenant des photos : « inadmissible », « on arrive sur la place où il fait nuit et là, le panneau m’éblouit ».
  • Participent à l’extinction de la biodiversité en modifiant les trajectoires des oiseaux migrateurs et en décimant les insectes, désorientés (2e cause de mortalité après les pesticides selon le mouvement anti-pub de Saint-Quentin en Yvelines). La pollinisation et la chute des feuilles des arbres en ville sont également perturbées.
  • Pollution mentale, les uns parlent de « 500 à 3 000 messages publicitaires par jour » et par habitant, sans oublier les messages publicitaires sur tous les outils numériques.