Attention aux écouteurs chez les plus jeunes.

A l’occasion de la 21e Journée nationale de l’audition, le 8 mars, de nombreux chercheurs préviennent les jeunes des dangers auditif causés par le fait d’écouter de la musique à forte puissance. Une étude montre les méfaits sur les adolescents de cette mauvaise habitude.

Des chercheurs viennent de se pencher sur la problématique des troubles précoces de l’audition et ont analysé le comportement de 170 jeunes âgés de 11 à 17 ans. Après avoir réalisé des tests d’audition poussés et interrogé les sujets sur leur habitude de consommation musicale et de jeux, avec un casque auditif sur les oreilles, l’équipe est arrivée à la conclusion que presque tous les participants enregistraient des « habitudes d’écoute à risque », selon le rapport, en affichant des temps d’utilisation de casque trop long, avec de la musique trop forte, ainsi que lors des soirées ou en concert.

Fait notable et inquiétant pour les spécialistes, plus d’un quart des jeunes (28 %) souffrent déjà d’acouphènes persistants, un bruit de bourdonnement ou de sifflement dans l’oreille qui se manifeste habituellement après 50 ans. Bien que le professeur, responsable de l’étude, précise qu’il n’est « pas rare d’avoir des acouphènes passagers, pendant un jour ou deux, après avoir écouté de la musique trop forte, ou lorsqu’on fait de la natation, de la plongée ou de l’aviation, ce phénomène temporaire doit être pris comme un avertissement à la vulnérabilité auditive de la personne. »

Après avoir mené des tests plus poussés, les chercheurs ont aussi trouvé que malgré les acouphènes, les adolescents avaient une perte auditive minime et qu’ils entendent aussi bien que leurs pairs qui n’en subissent pas les dommages. Ceux qui souffrent d’acouphènes persistants sont plus susceptibles de moins supporter les environnements bruyants, signe d’une détérioration cachée du nerf auditif relié au cerveau.

Ce dommage caché peut, par ailleurs, laisser présager des troubles de l’audition plus marqués, qui apparaîtront lors du vieillissement naturel de l’organe. Même si certaines formes de perte auditive peuvent être traitées, cette détérioration du nerf auditif est irréversible. La seule solution est la prévention.

« C’est un problème en pleine expansion et je pense qu’il ne va qu’empirer. Nous allons faire face à un important défi de santé publique à l’avenir concernant les troubles de l’audition », ajoutent les responsables de l’étude. Un fléau qui pourrait être associé aux risques des troubles visuels, avec les casques à réalité virtuelle, notamment.

Même si les conséquences peuvent être très graves, les jeunes sont rarement conscients des méfaits qu’ils infligent à leur ouïe lorsqu’ils écoutent de la musique à pleine puissance. Les chercheurs conseillent d’effectuer des campagnes de prévention à venir, qui interpellent autant que celles qui ont dû être mises en place contre le tabac, lorsque les fumeurs n’étaient pas conscients des méfaits de la cigarette sur leur santé.

Journée nationale de l’audition

Jeudi 8 mars

www.journee-audition.org

Soulager les acouphènes

La 21e édition de la Journée nationale de l’audition (JNA) a décidé d’axer sa campagne sur les acouphènes. L’occasion de mettre en lumière une création française qui devrait soulager les malades.

Mis au point par trois entrepreneurs français en partenariat avec la fondation de l’Audition, ce bandeau connecté muni de capteurs, Zeta, permet de réduire l’impact des acouphènes – ces sifflements ou bourdonnements d’oreilles handicapants au quotidien – en mesurant l’activité du cerveau spécifiquement liée aux acouphènes.

Le dispositif, qui ne remplace pas une consultation chez un ORL, s’accompagne d’un programme d’entraînement composé de séances de quinze minutes par jour, pendant 4 à 6 semaines, afin de rééduquer les rythmes cérébraux liés aux acouphènes. 

Pour découvrir l’innovation : www.zetascience.tech