Le directeur de la CPAM des Vosges, Pascal Enrietto, signe la création de la première CPTS.
© Jordane Rommevaux

La première communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) des Vosges a vu le jour officiellement, le 14 décembre dernier, par la signature d’un contrat entre les acteurs de santé locaux, l’Assurance Maladie et l’Agence Régionale de Santé. Son objectif est de favoriser l’accès aux soins des quelque 25 000 habitants du territoire de la Plaine et de l’Ouest Vosgien, avec une meilleure coordination entre les professionnels de santé de ce territoire.

Lancée par le projet présidentiel « Ma Santé 2022 », la première communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) est en train de voir le jour dans la Plaine et l’Ouest Vosgien. Elle favorisera l’accès aux soins pour 25 452 habitants résidant dans les 82 communes du territoire.

Elle officialise le partenariat entre les acteurs de santé locaux (professionnels de santé libéraux, centres hospitaliers, Ehpad…), l’Assurance Maladie et l’Agence Régionale de Santé, pour renforcer et développer l’exercice coordonné, véritable enjeu pour le système de santé.

Mais, une CPTS kesako ? C’est une organisation conçue autour d’un projet et constituée à l’initiative des professionnels de santé d’un territoire. Composée d’établissements de santé et d’acteurs médico-sociaux, elle a pour vocation de se concentrer sur les besoins de santé des habitants d’un territoire en répondant à différentes ambitions telles que : structurer les soins de ville pour faire face aux enjeux du virage ambulatoire, en prenant en compte la démographie médicale et la croissance des maladies chroniques ; développer la cohésion entre les acteurs de santé et combattre le cloisonnement entre la médecine de ville et l’hôpital ; favoriser l’accès aux soins et améliorer la parcours de santé ; éviter les ruptures de parcours ; favoriser le maintien à domicile des patients pour répondre à leur demande d’autonomie.

Initié en 2018, ce projet concernait au départ les communes de Vicherey, Châtenois, Gironcourt-sur-Vraine et Dommartin-sur-Vraine, pour s’étendre, aujourd’hui, aux secteurs de Neufchâteau, Coussey et Liffol-le-Grand. Son but est aussi de rendre le territoire attractif pour la venue de jeunes professionnels de santé.

« Lorsque j’ai pris la décision de prendre ma retraite professionnelle, en juin 2020, je me suis aperçu que quatre généralistes sur les sept en place dans le territoire, avaient plus de 62 ans. De futurs départs en retraite qui n’allaient pas être remplacés. Il fallait donc absolument trouver une solution pour permettre à ces territoires de disposer d’un système de soin adéquat et d’encourager de nouvelles installations dans ce territoire rural », explique la présidente de la CTPS de la Plaine et de l’Ouest Vosgien, docteur Marie-France Gérard.

L’aide annuelle apportée dans le cadre d’un contrat passé entre l’ARS, l’Assurance Maladie et la CPTS peut atteindre jusqu’à 380 000 euros pour les territoires les plus vastes. Cette aide permettra de rémunérer le fonctionnement de la CPTS, le temps passé à la coordination et l’équipement informatique. Si l’Assurance Maladie apporte un soutien financier, les solutions concrètes restent à la main des professionnels du territoire.

Ce contrat qui lie les acteurs de santé locaux, l’Assurance Maladie et l’Agence Régionale de Santé, durant 5 ans, se traduira par des échanges réguliers pour définir les priorités à suivre. « Des CTPS sont d’ores et déjà en projet dans d’autres territoires du département, afin d’accentuer le maillage des soins et éviter les déserts médicaux », martèle le directeur de la CPAM des Vosges, Pascal Enrietto.

Les axes prioritaires retenus par la CPTS

  • Accès aux soins : réduire le nombre de patients sans médecin traitant, permettre une réponse aux soins non-programmés au sein de la CPTS, améliorer l’accès au médecin spécialiste.

  • Parcours : améliorer la prise en charge des patients diabétiques et l’organisation des entrées/sorties d’hospitalisation.

  • Prévention : promouvoir la vaccination antigrippale, la prévention des addictions, la santé mentale, le dépistage des cancers.