L’Assurance Maladie et le ministère de la Santé ont lancé le Dossier Médical Partagé (DMP) à l’intention du grand public. Ce nouveau service censé remplacer numériquement notre traditionnel carnet de santé, qui devrait simplifier la vie des Français. Rencontre avec Sophie Pozzobon, directrice adjointe de la CPAM des Vosges, et Mickaël Saulnier, référent DMP dans notre département.

Pouvez-vous présenter ce nouveau service intitulé Dossier Médical Partagé (DMP) ?

C’est un carnet de santé numérique consultable depuis un ordinateur ou une application smartphone, par le patient lui-même mais également n’importe quel professionnel de santé habilité, avec l’autorisation du patient. C’est une sorte de « cloud » sécurisé qui centralise et conserve toutes les informations de santé d’un patient. Aujourd’hui, l’espérance de vie augmente et les maladies chroniques sont nombreuses (diabète, cancer…), ce qui oblige à voir de nombreux spécialistes. Seulement, le système d’information utilisé par ces professionnels de santé ne permet pas le partage d’un dossier médical avec d’autres. Ce service permettra de le faire. Il y a donc un vrai enjeu de gain de temps derrière le DMP. Ça sera utile aussi pour les voyageurs lorsqu’ils ont un accident, afin d’apporter un maximum d’infos aux services d’urgence pour des soins : rhésus, maladie, anciens soins…

C’est un service créé automatiquement par la CPAM ?

Non, il faut le demander. Il y a 3 façons de créer son DMP : en pharmacie, sur internet depuis le site dmp.fr, en 10 minutes, ou dans les accueils de l’Assurance Maladie. Dorénavant, nous le proposons à toutes les personnes qui viennent nous rendre visite.

Que se passe-t-il après la création ?

Un historique de soins et de remboursements est automatiquement alimenté par l’Assurance Maladie quelques jours après. Grâce au consentement du patient et à sa carte Vitale, les professionnels de santé vont également pouvoir le compléter. Des alertes seront envoyées, via une notification mail, au patient lorsqu’il y aura des mouvements sur son DMP. Cela lui permettra d’avoir un regard sur les personnes qui le consultent et qui ajoutent des documents.

Est-ce que tout le monde sera obligé d’avoir un DMP ?

Non, il n’y a aucune obligation. Malgré tout, notre objectif est de créer 40 millions de DMP d’ici 2022 dont 175 000 dans les Vosges. A terme, nous voudrions que les 2/3 de la population en bénéficient.

Depuis début novembre, combien de Vosgiens ont ouvert leur DMP ?

Nous dénombrons à ce jour plus de 16 000 DMP dans notre département et nous ambitionnons d’en ouvrir 1 000 de plus chaque semaine ! Pas besoin d’attendre d’être malade pour créer son DMP, bien sûr. A quand remonte votre dernière analyse de sang ? Quels sont les derniers médicaments que l’on vous a prescrits ? Ce genre de questions ne restera désormais plus sans réponse.

Propos recueillis par Jordane Rommevaux