Caroline Gross et Oslo.
© CG

Professeure d’économie-gestion-marketing au lycée Louis Lapicque d’Épinal, Mademoiselle Gross est devenue « la prof au chien » pour ses élèves de première et terminale. Ne souffrant d’aucun handicap, c’est en tant que famille d’accueil pour futur chien guide qu’elle a le plaisir d’enseigner en compagnie de son Labrador couleur sable.

Vous avez accueilli dans votre quotidien Oslo, en tant que famille d’accueil de chien-guide. Pourquoi avoir fait ce choix ?

Caroline Gross – Mes parents font des dons depuis longtemps auprès de l’association. J’ai été tenté de devenir famille d’accueil pour chien-guide ou handi-chien. Finalement, c’est le responsable du pôle chiots de chiens-guides à Woippy (Moselle) qui s’est manifesté en premier.

Quelles sont les prérogatives pour être famille d’accueil ?

C. G. – Que l’on vive en maison ou en appartement, il est tout à fait possible d’accueillir un chien. C’est mon mode de vie, mon métier, mes passions, qui importent car mon rôle est de sociabiliser le chien pour qu’il ait l’habitude de côtoyer du monde, d’autres chiens, ou encore des situations complexes comme les escalators. Je dois lui faire une éducation de base : propreté, assis/couché/reste, ne pas aller dans la chambre, la salle de bain, les toilettes ou sur le canapé et ne le nourrir que de croquettes.

Combien coûte une formation de chien-guide ?

C. G. – 25 000 euros, mais en tant que famille d’accueil je n’ai déboursé aucun euro. Tous les frais sont pris en charge par l’association : vétérinaire, nourriture, éducation, laisse, jeux, gamelles, tapis…

Malgré la loi, avez-vous eu des difficultés pour obtenir l’autorisation du lycée pour garder Oslo en cours ?

C. G. – J’ai une direction et des collègues qui n’ont jamais vu d’un mauvais œil sa présence, même lorsqu’il y a eu quelques incidents (câbles mordus, pipis ou cacas faits en cours ou dans la salle des profs). Les élèves aussi ont tous très bien réagit à sa présence, ils m’ont rapidement appelé la prof au chien (rire).

Dans quelques semaines, c’est la fin de votre gardiennage. Appréhendez-vous ce moment ?

C. G. – Il a beau être têtu et difficile à élever, c’est mon bébé-chien et la fin de notre cohabitation sera difficile à vivre. Mais, quelle fierté de savoir qu’il va être chien-guide dans quelques mois. Le 3 juin, il rejoindra l’école de Woippy pour parfaire son enseignement durant 12 mois. L’association est constamment en recherche de familles d’accueil. C’est une expérience incroyable et je ne peux qu’encourager les gens à le faire.

www.chiens-guides-est.org