La Chambre de Métiers et de l’Artisanat des Vosges accompagne les bénéficiaires du RSA porteurs d’un projet de création d’entreprise.

Le Revenu de Solidarité Active ou RSA est destiné entre autres à  » améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs modeste et à inciter les personnes percevant des minimas sociaux à reprendre une activité professionnelle « . Géré par les Départements, ce dispositif, désormais également soutenu par le Fonds Social Européen,  associe depuis le début dans les Vosges la Chambre de Métiers et de l’Artisanat des Vosges (CMA) au Conseil Général dans le cadre d’une convention de partenariat. L’enjeu?  » Accueillir et accompagner tous les bénéficiaires du Revenu de Solidarité Active (RSA), porteurs de projet de création ou de reprise d’entreprises artisanales.  » 

Bon an mal an,  » cela représente une cinquantaine  de porteurs de projets, et ce dans tous les secteurs d’activités de l’artisanat, avec une petite prédominance dans le bâtiment et les services « , souligne Eric Simonin, directeur du département Conseil Développement de l’organisme consulaire, en sachant que la CMA 88 a aussi pour mission de  » réaliser un diagnostic de l’activité des travailleurs indépendants bénéficiaires du RSA et inscrits à la Chambre de Métiers et de l’Artisanat des Vosges, afin de leur apporter des préconisations, des orientations ou des actions correctives ou encore se questionner sur l’intérêt de continuer une entreprise non rentable « .

L’idée est bien de proposer  » un suivi personnalisé à des personnes qui ont peu de moyens, qu’ils soient auto-entrepreneurs ou entrepreneurs individuels de base « . L’accompagnement se fait du premier accueil à l’immatriculation, mais se poursuit par un suivi sur six mois, voire plus.  » Nous y allons autant que de besoins « , résume Eric Simonin, la convention prévoyant, si nécessaire,  » la mise en place d’un plan d’actions correctives, puis trois autres visites dans les dix-huit mois suivants « . Au départ, un partenariat avec des professionnels du montage de plans d’affaire – un centre de gestion agréé – permet de vérifier la fiabilité du projet.  » Il est important en effet de ne pas cumuler un nouvel échec potentiel.  »  

Un parcours individualisé

Rien n’est laissé au hasard dans un suivi qui intègre notamment la mise en place de tableaux de bord, des prix de vente…, ainsi que la mise en relation avec des consultants spécialisés, en commerce par exemple, et également des formations accessibles gratuitement. Tous les conseillers économiques de l’organisme consulaire s’investissent en tout cas dans une mission dont on saisit le caractère individualisé. 

A Remiremont, Patricia Parant a pu le mesurer concrètement.  » J’ai entrepris ma première démarche auprès de la CMA en décembre 2011 « , explique celle qui, après avoir exercé plusieurs métiers, a rejoint les rangs des bénéficiaires du RSA et entend vivre de sa  » passion pour la couture… « .  » Le contact a tout de suite été bon et j’ai reçu un soutien énorme « , confie encore Patricia Parant, travaillant depuis le 21 juin dernier avec le statut d’auto-entrepreneur, sous le nom de  » Patricia Repassage « . Sa spécialité ?  » La couture bien sûr, mais aussi le repassage – on l’a compris – et la confection à domicile « . 

 » Je vais chercher le travail au domicile des clients et leur rapporte dans les 48 heures, et ce dans un rayon d’une dizaine de kilomètres autour de Remiremont.  »  Rien ne fut et reste simple. Ni l’obtention d’un microcrédit, ni la panne de voiture, voire la définition de tarifs, mais les nombreuses formations reçues par la CMA – comptabilité, marketing, relooking,, confiance en soi… – favorisent le projet.

 » Je vais bientôt attaquer l’informatique « , confirme Patricia Parant qui souhaite  » en savoir plus aussi en comptabilité « .

 » Plus j’en sais, meilleur c’est « , résume-t-elle en guise de conclusion, attendant avec impatience le tout prochain rendez-vous avec un conseiller de la Chambre de métiers et de l’artisanat.