Arnaud Toussaint, directeur des Cinés Palace d'Épinal.
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Tout était prêt pour une réouverture des cinémas mi-décembre ou encore pour ce début d’année 2021. Arnaud Toussaint, directeur des Cinés Palace d’Épinal en était aux derniers préparatifs lorsqu’il a appris la décision du gouvernement de reporter l’ouverture des salles, compte-tenu de la situation sanitaire. Réactions à chaud.

Comment recevez-vous cette nouvelle de « non ouverture » ?

Arnaud Toussaint – Jusqu’au dimanche 5 décembre, nous étions assez confiants sur la réouverture. Bien sûr, nous savions que les conditions posées par le Président n’étaient pas réunies, mais nous avions encore l’espoir de rester sur le planning établi. Par la suite, on s’y est préparés, même si on a travaillé jusqu’à la dernière minute : le programme était fait, les films étaient commandés, les salles prêtes. Maintenant, le report semble être prorogé jusqu’en février. On prend cette décision avec philosophie, même si on ne peut qu’être déçus que les protocoles mis en place dans les salles ne rentrent pas en ligne de compte. On se voit condamnés à rester fermés pendant les fêtes alors que la semaine entre Noël et Nouvel An est traditionnellement très importante pour nous.

Comment envisagez-vous le début d’année ?

A. T. – D’habitude, le mois de janvier est une période assez creuse. Si l’activité repart, fin janvier ou début février, avec les films que nous avions le 28 octobre, notre offre sera plus riche que les années précédentes à la même époque. Si bien sûr, on reprend dans ses conditions. Rien ne dit qu’avec ce nouveau report, les distributeurs de films ne choisissent pas la voie du streaming pour faire vivre leurs œuvres pour Noël. Warner peut très bien décider de sortir Wonder Woman 1984 (initialement prévu pour le 15 décembre) en VOD. Mais nous savons que certains auteurs y sont farouchement opposés : ce serait étonnant qu’on ne retrouve pas des Adieu les Cons, ADN ou 30 Jours Max dans nos salles demain.

N’y a t-il pas un risque d’embouteillage dans les salles entre reprises et nouveautés, qui serait préjudiciable à la vie de certaines œuvres ?

A. T. – Nous espérons que les distributeurs auront l’intelligence d’étaler leurs sorties sur les prochains mois. Il faut bien avoir en tête qu’il finira par y avoir un trou dans les sorties, qui correspondra à l’arrêt des productions pendant le premier confinement. Là, il y a des films en stocks mais dans un an, il n’y aura quasiment plus aucun film à sortir pendant trois mois ! Certains films peuvent sortir à n’importe quelle date. C’est le cas de La Nuée (qui aurait dû être dévoilé en novembre). On doit le découvrir en salles pour être totalement imprégné de l’ambiance.