Claire Mougel et Sarah Vieuille seront au départ des championnats du monde de trail ce samedi en Espagne
© Peignée Verticale

Il y aura deux représentantes vosgiennes parmi les sept Françaises au départ des Mondiaux de trail long le samedi 12 mai : Sarah Vieuille et Claire Mougel, qui va honorer sa première sélection à 32 ans. Elle s’est confiée à 100% Vosges avant de partir pour Penyagolosa (Espagne).

Sarah Vieuille a déjà participé à des Mondiaux (14e en 2015). Pour vous, ce sera une première. Comment abordez-vous ce rendez-vous ?

C’était vraiment une surprise. C’est un moteur supplémentaire et une nouvelle expérience positive. Je suis suivi par l’entraîneur national et il a des attentes particulières. On a fait un stage de préparation avec l’équipe de France dans le Cantal. Ça s’est vraiment bien passé, ça donne envie de donner le meilleur.

Vous ne deviez être que la « 7e » femme de l’équipe, finalement votre performance comptera pour l’équipe. C’est encore plus valorisant, non ?

Oui, j’étais prise pour concourir seulement en individuel mais grâce à une absence j’intègre les 6. Les 3 meilleurs temps seront pris en compte. La dimension collective est importante pour moi. Ça fait plaisir de savoir que ma course comptera pour l’équipe. C’est une épreuve au long cours. Je suis là pour apprendre avec l’envie de bien faire. Je ne me fixe pas d’objectif en termes de temps ou de place. Du coup, j’y vais avec moins d’appréhension.

Ce qui vous attend à Penyagolosa, c’est un parcours de 85 km avec près de 4 000 mètres de dénivelé positif. Ça ne vous effraie pas ?

Pour être honnête, j’aurais préféré la Scandinavie. Je ne suis pas fan de la chaleur. Ce sera très technique, très peu plat, ça me convient bien. Je prendrai mes bâtons, je compte sur eux (rires). Le parcours est très rocailleux et il n’y a pas d‘arbres, pas d’ombre : ce sont des paramètres à prendre en compte.

3e aux championnats de France à Gérardmer en septembre, 8e au Grand trail des Templiers, 2e du Trail du Ventoux. Les performances s’enchainent…

L’an dernier, l’objectif était d’arriver en forme à Gérardmer pour réussir quelque chose avec le COHM (Club Olympique de la Haute-Moselotte). Ensuite j’ai voulu aller plus loin. J’ai franchi un palier en 2017 et le fait d’être suivi par un entraîneur national m’a fait encore progresser. Le niveau monte petit à petit.

 « La Diagonale des Fous, ça fait envie »

Vous avez dû accélérer la cadence au niveau des entraînements. N’est-ce pas difficile de tout concilier ?

C’est vrai que je n’étais pas trop à la maison ces derniers temps. On a fait le choix en famille de continuer l’aventure. Je suis professeure des écoles, j’ai une classe de CM1 à Saulxures. Les semaines sont intenses, ça s’enchaîne. Tout est millimétré. J’ai appris à dompter la fatigue. J’ai vraiment souffert en début d’année mais après le corps s’habitue et depuis un mois je me fais plaisir.

Au départ votre discipline de prédilection c’est le ski de fond. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Ce qui est amusant c’est que quand je skiais, la course à pied me servait pour concourir l’hiver. Aujourd’hui les choses se sont inversées : le ski me sert de préparation pour le trail. Mais je n’arrêterai pas le ski pour autant. Je continue à prendre énormément de plaisir. Les deux disciplines sont omniprésentes.

Jusqu’où rêvez-vous d’aller en trail ?

Je peux encore gagner en maturité, en expérience, qui me serviront si je veux aller vers l’ultra. J’aimerais me tester sur un 160 km par exemple. C’est un effort que je ne connais pas. L’Infernal de Saint-Nabord ? Ça me n’attire pas vraiment. Je préfère voyager, découvrir d’autres choses. Je serais plutôt tentée par l’UTMB (Ultra Trail du Mont-Blanc) ou la Diagonale des Fous (Réunion).

Après les Mondiaux, quelles seront vos prochaines échéances ?

Je participerai cet été à la Pierra Menta (6 au 8 juillet, 70 km et 7 000 m de dénivelé positif) puis aux championnats de France de trail long à Montgenèvre avec le COHM (14 juillet). Après on verra. Je laisse la place à Hervé, mon mari, pour remplir le calendrier à sa guise (rires).