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Embarquement immédiat pour Michel Saïdi direction l'île de la Réunion
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Il s’apprête à faire le grand saut, à 53 ans. Le Vosgien Michel « Bibi » Saïdi, double champion du monde de C2 slalom (1987 et 1989), a quitté ses fonctions de directeur du pôle France de canoë-kayak de Nancy, contraint et forcé, sur décision fédérale. Ce mardi 20 février, il s’envolera pour l’île de la Réunion où il va devenir responsable du haut niveau au Creps* de Saint-Denis. Entretien.

Michel Saïdi, à quelques jours de vous envoler pour la Réunion, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

MS – Je suis partagé entre l’excitation de démarrer cette nouvelle aventure et l’idée que je quitte la Métropole où j’ai passé toute ma vie. C’est un changement de vie, loin des miens, avec un nouveau boulot et un nouvel environnement. Je suis encore dans les démarches administratives et logistiques.

Avez-vous tourné la page du Pôle France ?

Michel Saïdi, à droite, avec son frère Thierry, entraîneur des « Klapé »

Oui je suis passé à autre chose. Sur le coup la pilule a été dure à avaler. Je quitte un univers connu, un poste à responsabilité. J’ai été évincé pour raison politique. La priorité était de trouver un poste en Lorraine, mais ça n’a pas été possible. Partir aussi loin, c’est une décision difficile, mais tout le monde m’envie. C’est une très belle opportunité. J’ai tout connu à la Fédération, à la tête des équipes de France juniors et U23, et comme Directeur du Pôle France de Nancy. Ça m’a ouvert l’esprit. Je garde plein de souvenirs : médailles, rires, voyages, relations. Le canoë-kayak, ça conduit dans des endroits improbables et magiques.

A La Réunion, vous allez avoir un vaste champ d’action. Quelle sera précisément votre mission ?

J’ai toujours eu une évolution dans ma vie professionnelle. Là je change complètement de métier. Ça ne me fait pas peur, je m’adapte facilement. Je suis affecté à l’antenne de Bourg-Murat sur le plateau de la Plaine des Cafres, qui abrite des pôles espoirs de basket et de foot. Je vais m’occuper de la gestion des sportifs de haut niveau. Je connais un peu les ficelles de ce métier là. Je vais gérer l’accompagnement et le suivi scolaire. Je suis très excité par le projet. C’est un endroit que je ne connais pas du tout, mais je suis sûr que je vais m’éclater.

« Je suis sûr que je vais m’éclater »

Et vous allez retrouver une vieille connaissance, votre ancien partenaire en C2 Jérôme Daval. L’histoire est belle…

C’est super de le retrouver. On ne se voyait plus. Ça fait huit ans qu’il est là-bas, sur Saint-Denis. Il est directeur adjoint du Creps réunionnais. C’est le côté sympa, il va m’aider à m’acclimater sur tous les plans.

Allez-vous tenter de créer des passerelles avec Golbey-Epinal-Saint-Nabord ?

Le GESN c’est le club où j’ai tout appris (à l’époque, le club s’appelait Golbey-Epinal). J’ai été l’un des premiers à aller sur le nouveau bassin du centre-ville. Je fais partie des pionniers du club. A la Réunion, il y a un bassin de slalom artificiel. Des échanges sont possibles. Aujourd’hui les meilleurs spécialistes s’entrainent aux Emirats arabes unis et en Australie. Pourquoi pas à La Réunion ? Si le GESN veut profiter de ma présence pour organiser un échange, faire un pont aérien, ça pourrait être intéressant. Il y a beaucoup de demandes d’étrangers pour venir.

Le canoë biplace quitte le programme olympique. La discipline a-t-elle un avenir selon vous ?

Je suis attristé. Le problème c’est que quand on sort la catégorie du programme olympique cela implique forcément qu’elle sortira du programme des championnats du monde et d’Europe, car les fédérations ne mettront plus de moyens dessus. C’est dommage car le C2 est intéressant visuellement et au niveau de l’esprit d’équipe. Les JO c’est le summum mais ce n’est pas une fin en soi. Pour le duo vosgien Klauss/Péché c’est dommageable car ils ne pourront pas décrocher une nouvelle médaille à Tokyo.

* Centre de Ressources, d’Expertise et de Performance Sportive.