Sébastien Loeb, VIP de luxe pour le Rallye Vosges Grand-Est
© Aurélien Vialatte - FrayMédia

En termes de tête d’affiche, l’ASAC Vosgien et Vosges Rallye Organisation ne pouvaient rêver mieux. Pour la première fois depuis le rallye de France-Alsace 2013, Sébastien Loeb revient rouler en compétition dans sa région à l’occasion du Rallye Vosges Grand-Est, 4e manche du championnat de France asphalte, de vendredi à dimanche, autour de Gérardmer. En quête de « roulage » avant ses prochaines échéances en WRC, le nonuple champion du monde veut avant tout se « faire plaisir » au volant de sa Hyundai i20, devant son public. Entretien sans détour.

Vous avez pris part à 5 des 7 premières manches du championnat du monde des rallyes… Comment jugez-vous votre début de saison ?

Sébastien Loeb – Globalement, c’est correct. C’est compliqué d’arriver comme ça en Mondial six ans après et de se battre pour la victoire (rire). Il a fallu découvrir une nouvelle équipe et une nouvelle voiture. Les résultats au Monte Carl’ (4e) et en Suède (7e) sont plutôt satisfaisants. Je suis un peu déçu de notre perf en Corse (8e), mais en tapant dès la première spéciale, on s’est compliqué la tâche. Et au Chili (3e) ça s’est bien passé. Je ne pensais pas être capable de me battre avec les meilleurs devant. Je me suis senti plus à l’aise que sur les premiers rallyes.

Votre dernière saison complète remonte à 2012… Quelles sont les principales évolutions que vous constatez aujourd’hui ?

S. B. – Ce qui a vraiment changé, c’est la préparation des rallyes. Aujourd’hui, les pilotes travaillent beaucoup sur les vidéos des années précédentes et des autres grâce aux caméras embarquées. C’est quasiment une préparation typée circuit et ils roulent au par cœur. Moi je suis encore dans la génération de l’improvisation. Cela n’enlève rien à leurs performances, ça roule vraiment très très vite devant, mais c’est juste une approche différente de celle que j’ai toujours connue. Les voitures aussi ont évolué. Elles vont globalement plus vite mais elles se conduisent de la même façon.

« SE FAIRE PLAISIR DEVANT NOTRE PUBLIC »

Du 14 au 16 juin, vous participerez au Rallye Vosges Grand-Est. Vous n’avez pas souvent eu l’occasion de revenir courir sur vos terres ces dernières années…

S. B. – Non, c’est vrai. Les dernières fois c’était pour le rallye de France ou des petites courses comme Turckheim. Je me réjouis de pouvoir à nouveau rouler dans ma région, là où tout a commencé. Venir avec la voiture officielle (Hyundai i20 Coupé WRC) sur le rallye des Vosges, c’est top ! Nous ne serons absolument pas là pour fausser la bagarre du Championnat (il ne marquera pas de points, NDLR) mais bel et bien pour engranger de l’expérience avec l’équipe et des kilomètres avec la voiture en vue des prochains rallyes asphalte et avant tout se faire plaisir devant notre public.

Vous serez accompagné de votre fidèle copilote Daniel Elena. Avec lui vous formez un vieux couple

Oui, c’est vrai. Ça fait plus de vingt ans que l’on partage beaucoup de temps ensemble. On se connait par coeur. Je le revois encore dormir sur le canapé de ma mère, dans le petit pavillon familial en Alsace, où il séjournait lors de notre toute première saison de rallye, histoire de limiter les coûts. Au début de ma carrière pro, on a essayé de m’imposer un autre copilote, plus expérimenté, moins fantasque. Je n’ai jamais voulu. On a tout fait ensemble.

« Dans les Vosges, tout est bien organisé »

Sur ce Rallye Vosges Grand-Est, vous allez retrouver des routes et des spéciales que vous connaissez bien : Ormont, Corcieux, Moyenmoutier…

S. B. – Je suis vraiment impatient d’y être. Ormont, c’est une spéciale mythique qu’on a courue en rallye de France (2010-2014). Concernant Corcieux et Moyenmoutier, les souvenirs sont plus vagues et lointains. Ça remonte à 1999 si ma mémoire est bonne avec la Saxo Kit Car. Ces spéciales me rappellent les bons moments du début de ma carrière et c’est sympa de revivre un peu tout ça. Je n’en tirerai aucun avantage, l’objectif étant de faire des essais avec la voiture. Dans les Vosges, il va falloir repartir à zéro avec les notes comme sur les autres rallyes.

Les routes vosgiennes sont depuis longtemps très prisées par les pilotes pour
le roulage et les essais. Qu’ont-elles de si spécial ?

S. B. – Les Vosges ont un côté pratique puisque ce sont des routes plutôt rapides, on arrive à trouver tous types de terrains qui peuvent nous permettre de préparer différents rallyes comme le rallye d’Allemagne que je disputerai prochainement (22-25 août). C’est aussi une région où on a des connaissances qui ont le réseau pour nous permettre de fermer les routes. Tout est bien organisé, bien carré dans le coin donc ça a donné envie aux constructeurs de venir y rouler.

« William Wagner est capable d’aller très vite »

Votre team « Sébastien Loeb Racing » développe une activité rallye à destination des jeunes pilotes. C’est important pour vous de transmettre ?

S. B. – Aider des jeunes pilotes à réaliser leur rêve et rendre au sport auto ce qu’il m’a donné est un juste retour. Une carrière tient à la générosité des hommes et à leur passion, alors si je peux transmettre à mon tour, je le fais avec grand plaisir. La filière rallye est clairement l’une des priorités cette saison. L’idée, c’est de créer une filière jeunes. On essaye de réunir quelques partenaires pour faire rouler des pilotes prometteurs en qui l’on croit.

Le Vosgien William Wagner (25 ans) en fait partie puisque vous avez misé sur lui cette saison en championnat de France au volant d’une Polo GTI R5…

S. B. – Oui. Nous avions envie de valoriser notre ancrage territorial, mais il fallait que le pilote ait des valeurs qui correspondent aux nôtres. William a déjà ses propres soutiens, mais on veut lui donner, nous aussi, un coup de main. On sait qu’il a un bon potentiel, il est capable d’aller très vite. Il a besoin de continuer de prendre de l’expérience, de l’assurance, à progresser mais je pense qu’il a les capacités pour se battre aux avant-postes en championnat de France.

BIO EXPRESS

Sébastien Loeb, né à Haguenau (Bas-Rhin), 45 ans

Palmarès :

> En Rallye WRC : 9 titres de champion du monde WRC consécutifs (2004-2012)                                           79 victoires, 117 podiums, 921 scratchs                                                                           1 titre de champion de France (2011)                                                                               1 titre de champion du monde junior (2011)

> En Voitures de tourisme : 2 fois 3e des championnats du monde (2014 et 2015)

> En Rallye-raid : 4 participations au Dakar (2016-2019) – meilleurs résultats : 2e en 2017, 3e en 2019

> En Rallycross : 3 participations au championnat du monde Supercar – meilleur résultat :
4
en 2017 et 2018

Le programme du 34e Rallye Vosges Grand-Est :

Vendredi 14 séance d’essais (shake-down) : Les Arrentès-de-Corcieux (4,45 km)

Samedi 15 : Étape 1 : deux passages dans Mandray (8,49 km), Pays d’Ormont (28,47 km) et Moyenmoutier (14,20 km)

Dimanche 16 : Étape 2 : deux passages dans Vologne (29,64 km) et Corcieux (19,53 km)

Total : 200 km de spéciales

La liste d’engagés

Le mot de la présidente du Comité d’organisation Karine Hot :

« Nous sommes ravis d’avoir réussi à saisir l’opportunité de recevoir Sébastien Loeb sur notre épreuve. Après avoir gravi les échelons jusqu’au Championnat de France des Rallyes l’an passé, c’est un nouveau challenge que toute l’équipe d’organisation est prête à relever. C’est une aubaine pour nos partenaires mais aussi pour les collectivités locales. Nous saluons également l’initiative de la Fédération Française du Sport Automobile d’avoir permis aux WRC de nouvelles générations de pouvoir concourir sur le Championnat de France aux mains des meilleurs pilotes mondiaux. Nous sommes enchantés d’être les premiers, en espérant qu’il y ait d’autres occasions comme celle-ci qui se présenteront pour le Championnat de France des Rallyes »

Le mot de Daniel Elena, copilote de Sébastien Loeb :

« Vingt ans après la Finale de la Coupe de France des Rallyes, nous revoilà à Gérardmer ! C’est un signe sympa de revenir ici et je sais que pour Seb, c’est toujours un moment spécial de rouler dans sa région. Cela annonce un bon  week-end  »