A droite, Gauthier Valence, président de l'EHC.
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Le président du Épinal Hockey Club (EHC), Gauthier Valence, est conscient de la tâche qui l’attend, en ce début de saison, dans la deuxième division nationale. Enjeux sportifs, financiers, humains, il veut surtout offrir du spectacle sur la glace aux supporters car la saison 2019-2020 s’annonce aussi indécise que passionnante. Entrons dans le chaudron de Poissompré.

Que l’on soit fan de hockey ou simple observateur de la vie sportive vosgienne, d’aucuns n’ont pu passer à côté de l’ascenseur émotionnel offert par le club de hockey de la cité des Images en cinq ans. Évoluant d’un modeste club de Ligue Magnus en un prétendant pour le titre national, le Gamyo est passé par tous les états : d’une finale de Ligue Magnus perdue pour un match, à une descente aux enfers due à un manque de sérieux dans la gestion des finances, par les dirigeants de l’époque.

Le club a été liquidé pour renaître de ses cendres en 2018, sous l’impulsion de Gauthier Valence et d’une nouvelle équipe dirigeante composée de courageux bénévoles, amoureux du hockey, qui ont reconstruit une équipe en D3, sous une nouvelle entité.

« Il a fallu consacrer beaucoup d’heures et faire de nombreux sacrifices professionnels et personnels pour réussir le challenge, explique le président Gauthier Valence. Le club a réussi à redresser la barre et à obtenir d’excellents résultats grâce à l’implication de tous. Et c’est l’addition de ses investissements et le sérieux des joueurs sur la glace, qui ont permis de décrocher la montée en D2 et ce titre de champion de France, en une année ».

Victoire sur la glace et en-dehors

Une saison que le club spinalien a vécu en coulisse sous l’observation du Tribunal de Grande Instance, suite au dépôt de bilan de la SASP Gamyo. Et, en mai dernier, après le succès obtenu sur la glace, l’EHC a obtenu une autre victoire en coulisse, puisque le tribunal a validé la poursuite de son activité.

« Cette décision a rassuré les licenciés, les bénévoles, les parents des jeunes joueurs et les nombreux supporters. Avec nos petits moyens, nous avons prouvé que nous étions capables de nous retourner. Nous n’y serions pas arrivés sans cette patinoire avec ce public incroyable et sans nos partenaires », ajoute le président spinalien, qui reconnaît conserver de l’ambition cette saison, « sans griller les étapes ».

En effet, la saison qui s’annonce, en D2, promet de belles batailles sur la glace avec des adversaires beaucoup plus structurés et possédants un niveau de jeu important. « Il était indispensable de renforcer l’équipe, d’un point de vue sportif. L’objectif sera d’accrocher le top 8, synonyme de playoffs et de passer deux tours. L’ambition n’est pas de monter en D1 immédiatement, même si beaucoup nous voient plus haut. Nous pourrons aussi prendre beaucoup de plaisir en Coupe de France où je nous vois allez plus loin que l’an dernier », souffle Gauthier Valence.

Côté financier, le club spinalien va devoir rembourser sa dette de 130 000 euros, sous 8 ans, c’est-à-dire plus de 15 000 euros par an, soit entre 5 et 10 % du budget. « Une montée immédiate n’est pas imaginable au niveau de la structure du club, qui est encore fragile. Il faut se reconstruire sans griller les étapes. Il nous sera possible de l’imaginer en professionnalisant la structure mais ça ne se fera pas avant 2 ou 3 ans. Et ça sera certainement sans moi. C’est un rôle très prenant et entre mes obligations professionnelles et ma vie familiale, je ne me vois pas réussir à tout concilier à 100 %. Malgré tout, je suis et je resterai un fervent supporter du club ».

Une annonce qui sonne comme un retrait progressif de son rôle de président. Affaire à suivre !