Grégory Gaultier : « Le squash aux J.O. ça serait fantastique »


Par | Publié le 08 mars 2013 à 06h43


Joueur de squash peu médiatisé, Grégory Gaultier est pourtant l'un des meilleurs de sa discipline. Rencontre avec un jeune papa qui vit en République Tchèque mais reste attaché à ses racines.

Grégory Gaultier, vous êtes sextuple champion de France. Actuellement numéro 3 mondial, vous enchaînez les bons résultats depuis 2013. Etes-vous au top de votre forme ?
Grégory Gaultier – Oui, les compétitions s'enchaînent à une vitesse folle et je réalise de bonnes performances. Demi-finaliste à Londres, finaliste à New-York et vainqueur en Suède puis aux championnats de France récemment. Je respecte mes objectifs personnels et je retrouve la forme que j'affichais en 2009 lorsque j'ai réussi à accéder au premier rang mondial.

Le squash ne jouit pas d'une grande popularité en France, à l'inverse de la Grande-Bretagne, du Pakistan ou encore de l'Egypte qui comptent de nombreux champions. Comment un Vosgien d'origine a pu devenir l'un des meilleurs spécialistes mondial de la discipline ?
G.G. – Je suis né à Epinal et y ai vécu jusqu'à l'âge de quatre ans. Au décès de mon père, nous sommes partis vivre à Mandeure (Doubs) avec ma mère, dans la banlieue de Montbéliard. Là-bas, elle est devenue gérante d'un club de remise en forme qui possédait quelques terrains de squash. C'est là où j'ai tapé, pour la première fois, dans une balle et que j'ai choppé le virus. Très vite, j'ai progressé et à l'âge de 13 ans, j'ai quitté le cocon familial pour rejoindre le Centre de Ressources d'Expertise et de Performance Sportives (CREPS) de Pont-de-l'Arc, près d'Aix-en-Provence, afin d'y suivre un entraînement intensif. C'est à cet endroit que j'ai le plus progressé. Encore aujourd'hui, j'y retourne avec plaisir pour m'entraîner.

A quel moment vous êtes-vous rendu compte que vous aviez le potentiel pour le haut niveau ?
G.G. – Très jeune, de nombreux entraîneurs ou spécialistes voyaient en moi un " futur grand " mais ce n'est que lorsque je suis devenu junior que j'ai vu mon travail à l'entraînement porter ses fruits. Je suis devenu champion de France toutes catégories, puis champion d'Europe. Mais lors de ma victoire au British open junior, qui est l'équivalent du tournoi de Wimbledon au tennis, je me suis dit que j'avais une carte à jouer en senior.

Malgré votre parcours prometteur, il a fallu vous faire une place face à un autre Français : Thierry Lincou.
G.G. – Oui, en 2004 Thierry remportait les championnats du monde de squash à Doha (Qatar) et devenait le premier Français et surtout le premier joueur non ressortissant d'une colonie britannique à s'imposer. Il dominera la discipline pendant les deux années qui suivirent. J'ai d'ailleurs disputé mes premières grandes finales face à lui.

Aujourd'hui, à 30 ans, vous possédez un palmarès impressionnant. Quels sont vos prochains objectifs ?
G.G. – J'ai eu la chance de remporter de nombreux titres importants comme les Super Series finals, un tournoi mondial sélectif qui réunit les huit meilleurs joueurs mondiaux. Je possède six titres de champion de France et six titres de champion d'Europe. J'ai été en finale de trois championnats du monde, toutes perdues. Et bien sûr, j'ai remporté pas mal de tournois au Qatar, le British open, l'Open de France, pour ne citer qu'eux. Mes objectifs principaux à court terme sont de remporter les championnats d'Europe par équipe qui se disputeront à Amsterdam (Pays-Bas) début mai. Suivra le très important British open avant la compétition qui me tient à cœur : les championnats du monde par équipe, qui s'organiseront à Mulhouse en juin. A plus long terme, j'aimerais redevenir numéro un mondial.

On parle de plus en plus d'une nomination du squash pour les J.O. de 2020. Quelle en est votre approche ?
G.G. – Que le squash entre dans la famille olympique serait une fantastique décision pour notre discipline. Plusieurs candidatures ont déjà été refusées de peu donc je croise les doigts pour que nous apprenions une bonne nouvelle en septembre. Etre aux J.O. boosterait notre sport sur plusieurs points : encore plus de moyens économiques, un plus grand développement mondial et plus d'organisations de tournois. Malheureusement pour moi, je serais trop vieux pour pouvoir participer mais je sais déjà que je resterai dans le monde du squash après ma retraite, donc je serais de l'aventure quoiqu'il arrive.

Soyez le premier à réagir
Me connecter