Mohamed Moussaoui s'astreint à de longues séances d'entrainement à Iten (Kenya)

C’est à Iten, la Mecque de l’athlétisme kenyan, que le Spinalien « Momo » Moussaoui, sociétaire de l’AVEC (Athlé Vosges Entente Club), prépare la prochaine saison, qu’il espère couronnée de succès, sous la houlette d’un entraineur national. Une expérience unique que l’athlète vosgien, sur place depuis le 10 septembre, nous fait partager.

Mohamed Moussaoui, c’est la première fois que vous faites l’expérience du Kenya, le pays de la course à pied et un lieu mythique du demi-fond…

Pour un demi-fondeur, le Kenya représente beaucoup, c’est le pays où les meilleurs coureurs mondiaux se sont formés : Lagat, Mo Farah, Kipchoge mais aussi Bob Tahri. Là-bas, tout le monde court. Parfois, des jeunes de 8-9 ans nous suivent pendant 2 kilomètres sur les footings alors que nous sommes à 14 km/h et qu’ils n’ont même pas de chaussures. Ce sont des choses que l’on ne voit pas en Europe. La course à pied fait vraiment partie du mode de vie des Kenyans et même dans la pauvreté, ils sont toujours souriants, gentils et aimables !

Avec qui êtes-vous parti ? Avec quels moyens ?

Je suis parti avec Félix Bour, mais nous avons rejoint deux autres athlètes de l’équipe de France jeune : Alexis Phelut et Anthony Pontier, ainsi que Jean-François Pontier (entraîneur national du hors stade). Pour Felix et pour moi, c’est notre première fois au Kenya, tandis que Alexis et Anthony sont déjà venus 3 fois. J’ai la chance d’être soutenu par la ville d’Epinal, le club de l’AVEC section Épinal et le Conseil Départemental qui financent mon stage. Mais je peux aussi compter sur le soutien financier de deux autres sponsors spinaliens depuis le mois d’avril : Vuzelia « créateur de site web » et l’Atelier Pizza.

130 à 160 km par semaine : « On s’entraîne, on mange, on dort »

Quels sont les objectifs de ce stage ?

J’ai décidé de partir deux mois pour prendre le temps de m’acclimater, notamment à l’altitude (2 400m), avant de faire du travail plus qualitatif. Le but est de poser les fondations de la saison et d’effectuer un gros travail de foncier. On fait entre 130 et 160 km par semaine et on vit en totale immersion avec les athlètes kenyans, au même rythme. Il n’y a pas de secrets : si tu as de la discipline, que tu dors bien, que tu manges bien, que tu t’entraînes dur et avec les meilleurs, alors tu as une chance de réussir. Les entraînements sont bons, je progresse et me sens de mieux en mieux. J’arrive à suivre les Kenyans au cours des séances en commun.

Comment s’organisent les journées sur place ?

On fait 10 à 12 séances par semaine avec un jour de repos complet, le lundi. Le réveil est fixé à 5h30 pour déjeuner et nous préparer. Le premier entraînement de la journée débute à 6h15. Après, nous rentrons pour nous étirer 30 minutes, bien déjeuner pour régénérer l’organisme, prendre la douche avant d’aller se recoucher jusqu’à 11h-12h selon la difficulté de la séance. Nous mangeons vers 13h avant d’aller marcher un peu et de se reposer ou nous nous faisons masser pendant 1h par un kiné 2 fois par semaine. À 16h nous nous préparons pour la deuxième difficulté de la journée, en général un footing de 10 km. Puis retour à la maison, étirement 30 minutes, abdominaux, gainage et douche. Nous dînons vers 20h, puis nous allons marcher un peu pour digérer. En général, nous nous couchons autour de 21h30.

« J’ai toujours été fait pour le long »

Comment analysez-vous la saison écoulée ?

La saison passée à été bonne l’hiver, avec un record personnel sur 10 km (29’43 à Thaon) et une 5ème place aux championnats de France sur cross court. La saison estivale s’est passée différemment et je n’ai réussi à atteindre aucun des objectifs que je m’étais fixés. Beaucoup de choses ont changé des années précédentes, j’ai changé d’entraîneur et j’ai essayé de nouvelles choses à l’entraînement, mais la méthode ne me convenait malheureusement pas et cela n’a pas marché. Néanmoins je tiens tout de même à remercier Jean-Luc Charon qui a prit de son temps pour m’entraîner et qui a cru en moi jusqu’au bout. Nous nous sommes donc séparés au terme de cette saison estivale pour manque de résultats.

Avec le recul, sur quelle(s) distance(s) vous sentez-vous le plus à l’aise ?

Je pense que j’ai toujours été fait pour le long même si j’ai pris du plaisir à courir sur 1500 m ces 3 dernières années. Je pense que je suis capable de réaliser de très bons chronos sur 5000 m – 10 000 m, ainsi que sur semi marathon (record personnel : 1h05’33). Maintenant, seul l’avenir nous le dira. J’ai essayé de passer sous les 3’40 sur 1500 m pendant 3 ans, sans succès. J’espère que ces 3 années d’entraînement me serviront à faire de gros chronos sur les distances supérieures.

« Mon but ultime : participer aux Jeux Olympiques »

Quels sont vos prochains objectifs ?

À mon retour, je tenterai de me qualifier pour les championnats d’Europe lors du sélectif d’Allonnes (Sarthe, samedi 17 novembre). Ensuite, j’aimerai vraiment battre mon record sur 10 km route (29’43). Le 11 mars, j’aurai à cœur de briller aux championnats de France de cross de Vittel, à la maison. Et l’été prochain, je me préparerai pour être performant sur 5 000 et 10 000 m.

Quel est votre but ultime dans les prochaines années ?

Mon but ultime est de participer un jour aux Jeux Olympiques. À 27 ans, je pense aux jeux de Tokyo en 2020, mais aussi à Paris 2024. Je pense que c’est important pour un sportif d’avoir des rêves et d’avoir une raison de se lever tous les matins pour aller s’entraîner. Mon rêve à moi, c’est celui de représenter un jour la France, les Vosges, mais aussi Épinal, dans la plus grande et plus belle compétition planétaire.

Records personnels :

800 m : 1’48

1 500 m : 3’41

3 000 m salle : 8’12 (2016)

5 000 m : 14’09 (2014)

10 km sur route : 29’43

Semi-marathon : 1h05’33

Palmarès :

2 fois vice-champion de France espoir sur 5 000 mètres

1 fois 3ème au championnat de France de cross long espoir

Champion du Grand Est de cross en 2017 (une de mes meilleures courses)

7e au championnat de France 1500m 2016

9e sur 5000 en 2015

 

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