Antoine Gérard et Maxime Laheurte seront les fers de lance de l'équipe de France de combiné nordique

Annick Vaxelaire, conseillère technique pour le Comité de ski du Massif des Vosges, supervise l’ensemble des disciplines nordiques : fond, saut-combiné et biathlon. Elle se projette avec confiance et enthousiasme sur la saison qui s’ouvre.

Annick Vaxelaire, comment se présente la nouvelle saison pour les athlètes du Massif des Vosges ?

A.V. – Elle se présente bien. On a en tout 11 athlètes au sein des équipes de France juniors et seniors : 2 en ski de fond, 3 en biathlon, 6 en saut-combiné. Les championnats du monde constitueront l’objectif majeur de fin de saison : ce sera à Seefeld en Autriche pour le saut-combiné et le ski de fond (19 février au 3 mars) et à Östersund en Suède pour le biathlon (7 au 17 mars).

Quels sont les athlètes vosgiens les plus attendus ?

En fond, Adrien Backscheider aura à cœur de performer individuellement après sa médaille olympique par équipe. Maxime Laheurte et Antoine Gérard viseront des podiums en Coupe du Monde de combiné, pareil pour Julia Clair en saut spécial. En biathlon, après une saison contrastée, Fabien Claude voudra raccrocher le wagon de l’équipe de France A (Dernière minute : il a gagné son ticket pour les deux premières manches de Coupe du Monde aux côtés de Martin Fourcade et des autres Bleus).

Les générations qui arrivent sont-elles prometteuses ?

Oui. En ski de fond, on a 5 jeunes filles de 16-17 ans à fort potentiel. En biathlon on a de très bons garçons, régulièrement dans le Top 5 et en saut combiné c’est pareil. En tout on a 20 athlètes identifiés « espoirs » en nordique. On avait 8 sélectionnés du Massif aux derniers JO, si on fait autant en 2022 à Pékin, ce serait très bien.

Championnat de France des clubs à La Bresse en 2020

Quelles compétitions le Massif va-t-il accueillir prochainement ?

Le championnat de France des clubs 2020 aura lieu à La Bresse (ski de fond et biathlon). Ça représente une soixantaine de clubs et plus de 600 skieurs (U15 à seniors). La dernière fois c’était en 2012 à Gérardmer. Et dès cet hiver, on aura deux compétitions nationales en saut combiné, une à La Bresse et l’autre à Gérardmer.

Structurellement, quels sont les projets en cours ?

On bénéficie de la neige de culture sur La Bresse, et il faut réfléchir au snow farming (on couvre et on stocke la neige pour l’hiver suivant). Le projet principal c’est une piste de ski à roulettes. C’est en bonne voie, près du pas de tir de La Ténine. Elle devrait nous permettre d’accueillir une compétition nationale.

Beaucoup d’athlètes arrêtent la pratique à la sortie des pôles espoirs. Comment y remédier ?

On doit réussir à garder ces athlètes après 18 ans. La DTN nous a demandé de travailler différemment sur les petites catégories. La solution envisagée est de décaler notre système de formation. Il s’agit de faire moins de « championnite aiguë », ne pas vouloir en faire des champions en benjamins ou minimes, y aller de manière plus progressive. On doit trouver des formats course plus dynamiques et accompagner les athlètes tout au long de la saison.

Enfin, on a beaucoup parlé des postes de conseillers techniques sportifs menacés. Qu’en pensez-vous ?

Le système sportif français a fait ses preuves. Si on n’a plus ça en région, ce sera difficile de garder à flot les disciplines. On avait quand même 8 sélectionnés du Massif aux JO, formés par nos structures, ça veut dire quelque chose. On a déjà doublé notre contingent, on a en plus la médaille olympique : c’est le gâteau et la cerise. Si on fait déjà autant en 2022, ce serait très bien. Et j’espère développer le ski féminin sur notre Massif.