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(AFP) – La perspective de voir les trains circuler normalement pour les congés de Noël s’éloigne de plus en plus, les syndicats de cheminots restant déterminés dans leur refus de la réforme des retraites.

« La question n’est pas de savoir s’il y aura des trains à Noël, mais combien », indique à l’AFP un responsable au siège de la SNCF.

Même si la journée de mobilisation prévue mardi 17 décembre devait marquer la fin du mouvement, « c’est impensable qu’on puisse assurer un service normal à Noël », ajoute-t-il. « Ca ne sera pas catastrophique, mais pas génial non plus. »

Le retour à la normale prendra en effet plusieurs jours, le temps notamment de rattraper les retards dans la maintenance des trains ou de remettre à plat les roulements des agents. Or les vacances de Noël commencent vendredi soir, le 20.

Concrètement, « si ça s’arrête le 17 on sauve Noël, si ça ne s’arrête pas le 17 on tue Noël », résume le responsable.

Il est encore trop tôt pour prédire quand les syndicats cesseront leur mouvement. Ils restent unis dans la contestation, au moins jusqu’à mardi. Et même si les taux de grévistes sont à la baisse ces derniers jours, la plupart d’entre eux disent ne rien vouloir « lâcher ».

La CGT, l’Unsa-Ferroviaire et Sud Rail ne veulent absolument pas entendre parler de la suppression du régime de retraites particulier des cheminots et le dialogue entamé avec la direction -à qui le gouvernement a demandé de négocier l’accompagnement social de sa réforme- tourne au dialogue de sourds.

Le secrétaire général de la CGT-Cheminots Laurent Brun a prévenu jeudi qu’il n’y aurait « pas de trêve pour Noël, sauf si le gouvernement revient à la raison » en retirant son projet.

L’Unsa, elle, entretient le flou. « J’espère que les Français (…) ne seront pas ennuyés ni pour Noël ni après », « mais ça dépend du gouvernement », a dit vendredi son secrétaire général Laurent Escure.

– TGV garantis? –
« Annoncer que les trains ne rouleront pas pour Noël, je pense que c’est assez irresponsable », a rétorqué la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne jugeant que « ce n’est pas ce qu’on peut attendre de syndicalistes qui disent défendre le service public ».

Le dernier conflit majeur à la SNCF s’étant prolongé pendant les congés de Noël remonte à 1986.

Au-delà de la mobilisation des syndicats, les agents devraient commencer à considérer leur situation personnelle, juge un responsable. « C’est le temps des calculs! »

La situation à la SNCF va être assez compliquée, avec des cas de figure différents pour les contractuels, les sédentaires au statut de cheminot et les « roulants » au statut, sans parler de l’extinction dudit statut au 1er janvier… Quelque 85% des conducteurs ne seront par exemple pas concernés par la réforme, selon la direction.

Pour compliquer les choses sur le front social, une nouvelle procédure de départ des trains -désormais sous la responsabilité du seul conducteur- va être généralisée dimanche, ce qui a beaucoup agacé les syndicats.

En attendant d’en savoir plus sur la suite du mouvement, la direction de la SNCF s’organise pour essayer de donner un peu de visibilité.

Pour les TGV et Intercités, elle garantit pour l’instant les départs jusqu’au mercredi 18 et devrait très bientôt étendre ses prévisions jusqu’au week-end des départs en vacances.

Pour ces périodes de « trains garantis », le site et l’application SNCF doivent signaler les trains disponibles à la réservation, les afficher complets lorsqu’ils le sont et identifier clairement ceux qui sont supprimés -en théorie du moins.

« On a l’ambition de faire voyager tous les gens qui ont pris un billet pour Noël », assure une porte-parole de Voyages SNCF.

La SNCF a gardé des places en réserve pour recaser autant que possible les gens qui avaient réservé un siège et dont les trains sont supprimés, ajoute-t-elle.

La situation est plus problématique pour les TER, dont les circulations sont annoncées la veille. Ce qui n’empêche pas la compagnie de vendre des billets combinant TGV garantis et TER plus aléatoires en correspondance.

source AFP-Relaxnews