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(AFP) – L’ouverture au public du « Léman Express », première liaison ferroviaire transfrontalière entre Genève et son arrière-pays français, s’est déroulée dimanche sans incident à Annemasse (Haute-Savoie), où les trains sont partis sans retard mais étaient peu nombreux au départ dans un contexte de grève des cheminots contre la réforme des retraites.

« Le premier train est parti à l’heure ce matin à 05H05. Ca s’est bien passé », a déclaré à l’AFP un porte-parole de la direction régionale SNCF Auvergne-Rhône-Alpes.

Le départ de cette rame en direction de Genève n’a pas été perturbé par le rassemblement sur les quais d’une « cinquantaine » de cheminots grévistes, selon le syndicat FO, répondant à l’appel d’une intersyndicale FO-CGT-Sud Rail.

« Nous n’avons pas bloqué. Nous avons opté pour la pédagogie en parlant aux usagers, aux quelques élus présents et en tractant », a assuré pour sa part Thomas Thulliez, délégué Force Ouvrière Cheminots à Annemasse.

« En raison de la grève, sur la partie française 8 trains sur 240 sont prévus. Au lieu d’en avoir un toutes les 10 minutes, vous en avez un toutes les 90 minutes », a-t-il ajouté, précisant que le trafic sera aussi limité lundi avec la reconduction de la grève.

Selon le responsable syndical, le taux de grévistes à la gare d’Annemasse était de 77% dimanche avec « un pic de 95% pour le personnel de conduite ».

Inauguré en grande pompe jeudi à Genève, le « Léman Express », projet vieux de plusieurs décennies, doit permettre aux habitants des villes françaises d’Annemasse, mais aussi d’Evian, de Saint-Gervais et d’Annecy de rejoindre Genève puis Coppet, au nord de l’agglomération, en empruntant, sans rupture de charge, la voie ferrée qui remonte le long du lac Léman.

Il doit changer le quotidien des quelque 100.000 frontaliers français.

« Chaque rame va économiser 400 voitures et le train est 25 fois moins polluant. 50.000 voyageurs quotidiens vont économiser 40 minutes de vie » en moyenne, avait souligné jeudi lors de la cérémonie Laurent Wauquiez, président (LR, droite) de la région Auvergne-Rhône-Alpes, principal financeur côté français.

Dans le même temps, à Annemasse, une manifestation avait rassemblé 400 personnes, selon la CGT, qui fait part outre des revendications nationales sur les retraites de préoccupations locales des nouveaux embauchés sur la cherté du coût de la vie dans le bassin genevois.

La voie du « Léman Express » aura coûté 1,56 milliard de francs suisses (1,42 milliard d’euros) pour la partie suisse et 335 millions d’euros pour la petite partie (2,5 kilomètres) en territoire français.

source AFP-Relaxnews