© GERARD JULIEN / AFP
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(AFP) – Spectacle familier depuis des années pour les Parisiens et les touristes, la Grande roue de la place de la Concorde effectuera vendredi soir son dernier tour avant de quitter définitivement son emplacement au pied des Champs-Elysées.

« Il y aura de la musique, des danseuses brésiliennes, un embrasement de la roue vers 23h30 », a annoncé à l’AFP son propriétaire Marcel Campion, qui a aussi invité pour un « pot de départ » des célébrités comme Régine, Nathalie Baye ou Franck Dubosc sans savoir s’ils viendront.

« C’est un monument qui s’en va », dit M. Campion en exprimant « déception et regret ». Mais pas de pincement au coeur pour un homme qui « a monté et démonté toute sa vie » des manèges et lance un « message d’espérance ». « Vendredi soir, la roue sera verte », dit-il.

L’attraction était installée de manière saisonnière place de la Concorde depuis l’hiver 1993 -avec un nouveau modèle en 2009- et avait été un des phares des festivités du passage à l’an 2000.

Elle sera démontée pendant une semaine « pour être remisée chez moi en attendant les résultats de la justice », a ajouté le « roi des forains ».

Car le manège, qui attirait entre 300.000 et 400.000 visiteurs par an, est au coeur d’une bataille judiciaire entre Ville de Paris et l’exploitant, jusqu’à présent perdue par ce dernier. M. Campion attend désormais le résultat d’un ultime recours au Conseil d’Etat, qui doit se prononcer avant le 8 juillet.

Le Conseil de Paris a en effet voté le 22 novembre 2017 le non-renouvellement de la convention d’occupation du domaine public pour l’attraction, expirant le 5 juillet 2018, contestée en justice.

– « Les gens m’embrassent » –
Car le manège s’était attiré au fil des ans de multiples critiques des élus parisiens, de la majorité comme de l’opposition.

Tout en reconnaissant qu’elle était une animation populaire appréciée, ils pourfendaient tant le lieu de son installation que la personnalité controversée de son propriétaire.

Pour les uns, elle obstrue le paysage de l’axe royal, entre Carrousel du Louvre et Arc de Triomphe, pour les autres elle prend la place des piétons ou constitue un « Luna park » au coeur de la capitale.

Un rapport très critique en décembre 2017 de la chambre régionale des comptes d’Ile-de-France a aussi pointé « irrégularités et nombreuses faiblesses » dans la gestion par la Ville du marché de la Grande roue, comme du marché de Noël également créé en 2008 par M. Campion et lui aussi annulé par la Ville. Une enquête judiciaire est en cours.

Aujourd’hui, rien ne va plus entre la maire PS de Paris Anne Hidalgo et Marcel Campion, membre de son comité de soutien aux municipales de 2014. « Mme Hidalgo s’est fait piéger par son entourage », assure-t-il.

Depuis mercredi, la Grande roue est gratuite pour les Parisiens. Les « gens m’applaudissent et m’embrassent », dit le forain. Alain Delon, Claude Lelouch et d’autres lui ont envoyé des messages de soutien, assure-t-il.

A partir de dimanche, le manège de 70 mètres de haut, ses 48 nacelles et ses 400 tonnes, seront rangés dans 18 semi-remorques. Il a fait l’objet d’une proposition de vente, « pour l’instant » refusée, à Moscou.

La Ville de Paris, qui ne veut pas rompre totalement avec ce type d’attraction, réfléchit à un nouvel emplacement. Pour aller où ? « Une grande roue, ça doit être au coeur de Paris, c’est là que ça vit, là qu’il y a des touristes », dit M. Campion.

source AFP-Relaxnews