© All Rights Reserved
- Publicité -MIB_SVB224

(Relaxnews) – C’est une première mondiale : l’Association des journalistes de l’environnement et le laboratoire bordelais Excell ont mis au point une cuvée futuriste qui prédit ce que sera le goût d’un vin rouge de Bordeaux, selon les conditions du travail de la vigne actuelles, en 2050 ? Une expérience pour interpeller sur les conséquences du réchauffement climatique sur le vignoble français. La cuvée 2050 n’étant qu’expérimentale, voici tout ce qu’il faut savoir sur la dégustation de ce vin extraterrestre, comme si vous l’aviez bu. 

Pourquoi une telle initiative ? 

Selon l’aje, les vignes pourraient se déplacer de mille kilomètres au nord de leur limite traditionnelle. Les vignes bordelaises vivraient sous une canicule devenue habituelle. La chaleur serait accablante à Bordeaux et Toulouse. Le littoral méditerranéen français connaîtrait le même sort tandis que de nouvelles régions vinicoles se dessineraient dans le nord ouest, notamment en Picardie. La température pourrait augmenter de 2 à 4°c. En dehors des frontières, l’Allemagne bénéficierait d’une place de choix au sein du nouvel échiquier bachique mondial, accompagnée par le développement de vignes dans les pays du nord européen. 

Quel est le contenu de la cuvée Bordeaux 2050 ? 

Pascal Chatonnet, fondateur du laboratoire Excell, s’est occupé de lire l’avenir en élaborant ce que pourrait être le goût d’un vin de Bordeaux dans 32 ans. Il a assemblé deux cépages phares du vignobles bordelais, à savoir le merlot et le cabernet sauvignon, du millésime 2016. Les jus ont été élevés en cuve inox. L’approvisionnement a été réalisé auprès des coteaux du Languedoc et en Tunisie, dont le climat pourrait ressembler à celui de Bordeaux en 2050. Celui-ci serait plus sec et plus chaud. Précision : les sols de ces régions choisies pour cette expérimentation sont différents de ceux du bordelais. « Les grands terroirs d’aujourd’hui ne seront pas ceux de demain. Certains sols favorisent le mûrissement du vignoble » commente l’oenologue.

Quelle est la robe de ce vin 2050 ? 

La cuvée 2050 présente une robe dense, avec des reflets ambrés, symptomatiques des raisins qui ont vieilli prématurément, à cause de températures élevées le jour et un manque de fraîcheur la nuit. 

Quel nez ? 

C’est un vin très fruité, porté sur les fruits noirs, notamment sur le cassis, sans présence de notes florales que l’on connaît à Bordeaux. Le merlot étant plus sensible à la sécheresse et aux variations de températures, il s’efface derrière le cabernet sauvignon. 

Quelle bouche ? 

Elle propose une attaque d’abord onctueuse, dont le moelleux est rapidement atténué par une bouche tannique. « Lorsque vous dégustez un vin marqué par des tanins sévères qui se terminent par une note amère, la sensation n’est pas très agréable » commente Pascal Chatonnet. En raison d’une vendange précoce, au risque de perdre la récolte, les tanins n’ont pas bénéficié d’assez de temps pour mûrir. Voilà ce qui donne cette sensation très astringente. C’est un vin charmeur, peu élégant, mais qui ne présente aucune persistance aromatique. A noter que la cuvée 2050 titre à 13,5°C.

La cuvée 2050 est-elle apte au vieillissement ? 

En partant du postulat d’un même assemblage, résultant des techniques de viticulture actuelles, ce type de vin vieillira prématurément, prévient l’oenologue. Il ne sera pas capable d’évoluer comme certains Bordeaux aujourd’hui, qui peuvent patienter en cave plus d’une vingtaine d’années. 

source AFP-Relaxnews