Les Imaginales ouvrent leurs portes du 23 au 26 mai, à Épinal.

Pour leur 18e édition, la nature se place au cœur des Imaginales. Fenêtre ouverte sur l’imaginaire et la fantasy, le festival indissociable d’Epinal et de ses images a invité les pays du Nord à nous faire rêver. On a beau être en mai, il semblerait que chez nous aussi, Winter is coming !

Il est rassurant de constater que dans notre monde dématérialisé et fortement urbanisé, où l’imaginaire semble tenir peu de place, jamais fantasy, contes de fées, légendes, romans historiques, science-fiction, littérature jeunesse, BD ne se sont si bien portés. 300 auteurs illustrateurs venus du monde entier ont répondu présents à l’appel de cette édition et on attend plus de 40 000 visiteurs.

Cette année, ce n’est pas un pays qui est mis à l’honneur mais tous les pays du Nord de l’Europe : Finlande, Islande, Suède davantage connus, ces dernières décennies, pour leurs polars. Mais il faut croire que le feu couvait sous la glace et les auteurs de SF, fantasy, fantastique ont fait une entrée discrète chez les maisons d’éditions réputées qui ne les classaient toutefois pas parmi ces genres. Pourtant l’imaginaire des pays nordiques existe bel et bien.

Il va en glacer plus d’un avec notamment les autrices islandaises Sigríður Hagalín Björndottir qui sort son premier roman L’île et Hildur Knutsdottir, écrivaine de livres d’horreur, le suédois Anders Fager également connu pour ses nouvelles et romans d’horreur et Johanna Sinisalo, autrice finlandaise de SF et de fantasy, lauréat de nombreux prix.

Le coup de cœur des Imaginales va à l’écrivain français David Bry déjà connu pour une trilogie mêlant quête initiatique et tragédie antique. Il déploie son style élégant pour décrire la fin d’une dynastie dans Que passe l’hiver, d’ores et déjà livre culte tout comme Le garçon et la ville qui ne souriait plus, livre inspiré sur Paris.

Quant à la BD, elle a la part belle avec de grands noms dont notamment Grzegorz Rosiński, le père de Thorgal et son fils Piotr qui seront présents durant tout le festival (voir article page suivante). Difficile de donner un aperçu de tout ce qui se passera aux Imaginales : conférences, débats, prix, rencontres, cosplay, body painting : le mieux est encore de venir sur place et de se laisser emporter dans les mondes imaginaires !

18e Imaginales

Parc du Cours, Épinal

www.imaginales.fr

Du 23 au 26 mai

Accès libre

Les bulles des Imaginales

L’univers de la fantasy et de l’imaginaire inspire la BD. Pas étonnant compte-tenu des mondes merveilleux qu’elle donne à voir, peuplés de créatures chimériques : fées, elfes, magiciens, sorciers, dieux, dragons, licornes, créatures tout droit sorties de l’imaginaire des auteurs… et de bien d’autres choses encore.

Dans ces mondes parallèles où l’étrange côtoie l’irrationnel, scénaristes et dessinateurs rivalisent de talent pour embarquer les lecteurs dans des quêtes impossibles, des odyssées infernales, des épopées sanglantes, des temps obscurs, des époques révolues ou futures grâce à des voyages stellaires ou des failles temporelles, un Moyen Âge fantasmé, des sagas nordiques…

Les lecteurs s’attachent aux héros et les auteurs qui l’ont bien compris n’hésitent pas à en faire des tomes et des tomes comme par exemple Christophe Arleston et Didier Tarquin qui ont signé 8 BD Lanfeust de Troy avant de propulser les personnages dans d’autres péripéties avec : Lanfeust des Etoiles, Lanfeust Odyssée, Gnomes de Troy, Trolls de Troy etc. Que dire de Grzegorz Rosiński, qui sera présent tout au long du festival et qui a signé 36 tomes de Thorgal entre 1977 et 2018 ? Aujourd’hui, il a abandonné le guerrier venu du Nord à d’autres.

Pour éclairer les béotiens qui seraient perdus dans tous ces univers, le professeur de lettres Nicolas Allard (qui sera présent au festival) explique la différence entre merveilleux et fantastique. Dans le premier cas, le phénomène surnaturel ne surprend pas les personnages puisque nains et orques font partie de leur monde. Tandis que dans le second, l’événement surnaturel apparaît étrange au point que les personnages se demandent s’ils sont victimes d’hallucinations ou si les lois du monde dans lesquels ils vivent ont été modifiées.

Bonne nouvelle pour les amoureux du genre : aucun prix n’était décerné à la BD qui tenait pourtant une place d’envergure aux Imaginales. C’est réparé cette année !

Les 7 BD nominées pour le prix sont :

  • Arale de Denis Rodier (dessin), Tristan Roulot (scénario) chez Dargaud.
  • Conan le Cimmérien La fille du géant du gel de Robin Recht (dessin et scénario) chez Glénat.
  • La mort vivante d’Alberto Varanda (dessin) et Olivier Vatine (scénario) chez Comix Buro en co-édition avec Glénat.
  • Negalyod de Vincent Pierrot (dessin et scénario) chez Casterman.
  • Renaissance T1 Les Déracinés d’Enem (dessin), Fred Duval (scénario), Frédéric Blanchard (design) chez Dargaud.
  • Shi T3 Revenge (et l’ensemble de la série) de José Homs (dessin) Zidrou (scénario) chez Dargaud.
  • Les Ogres-dieux T3 Le grand Homme (et l’ensemble de la série) de Bertrand Gatignol (dessin et adaptation) et Hubert (scénario) chez Soleil.

 

Les Imaginales de la BD se poursuivent !

Traits très noirs > À partir d’une sélection exceptionnelle de planches originales d’Idées noires, André Franquin (papa de Spirou, Gaston Lagaffe et du Marsupilami) propose des gags à la tonalité amère et pessimiste et fustige la violence de notre civilisation. L’humanité en prend pour son grade.

Du 15 mai au 15 juin Musée de l’Image d’Épinal

Rosiński fantastique > Grzegorz Rosiński a l’honneur de signer l’affiche mêlant fantasy sur fond de mythologie nordique et de sagas vikings à travers les personnages de Thorgal. De nombreuses illustrations permettront de découvrir toutes les facettes du maître.

Du 15 mai au 30 juin musée départemental d’art ancien et contemporain

L’invitation au voyage > Laurent Gapaillard, qui a débuté sa carrière en créant des décors pour les films d’animation et les jeux vidéo, invite au voyage : son univers inspiré de la nature lui permet de créer d’étranges cités associant monde végétal et réalité urbaine. Son travail à l’encre de Chine, au lavis sur papier et à l’huile sur carton fort est reconnu pour sa qualité graphique.

Au pays des sept nervures se tiendra du 15 mai au 28 août à la Bibliothèque Multimédia Intercommunale d’Épinal