Gilbert Grandidier (à gauche) et Joël Couchouron (à droite).
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Depuis 40 ans, Joël Couchouron photographie les paysans vosgiens, les vanniers, les forgerons et tous les porteurs de traditions. Des images émouvantes et authentiques, réminiscences d’un monde ancré dans le passé. à découvrir à la Maison de la Bresse.

C’est une histoire d’amour qui commence en 1975. Originaire de Sapois, dans les Vosges, Joël Couchouron se découvre alors une passion pour la photographie. Fasciné par le Grand Camille, figure du village qu’il voit passer chaque jour avec ses bœufs, il vient le retrouver en forêt, appareil photo en bandoulière.

« La seule chose que j’avais envie de photographier, c’était les vieux, les paysans, parce que je les trouvais beaux  », affirme aujourd’hui Joël Couchouron. Devenu professionnel, le photographe a immortalisé les mariages, les communions, quelques paysages. Mais il n’a jamais cessé de garder un œil sur les paysans vosgiens et tous ces « Gens d’ici» auxquels il a consacré une bonne partie de sa vie.

Léon, Choco, le Grand Camille… Ces personnages, les Vosgiens ont pu les découvrir dans les livres de photographies de Joël Couchouron. Au-delà du cliché, ces images sont avant tout des souvenirs. Ceux d’hommes et de femmes que le photographe a connu, aimé et immortalisé, celui d’un autre monde avec des techniques traditionnelles passées.

« Je me suis aperçu qu’avec le temps qui passait, je photographiais des choses qu’on ne voit plus  », indique Joël Couchouron. « Finalement, c’est un peu le patrimoine vosgien que j’ai sauvegardé, à ma manière », admet-il.

Le travail du photographe est marqué par une certaine nostalgie, mais aussi un caractère profondément humain. « J’ai toujours eu besoin de rencontrer les gens. Les prendre en photo, c’était aussi une excuse pour parler avec eux », reconnaît-il.

L’homme ne s’est jamais contenté de photographier. Avant de dégainer son appareil, il fait connaissance, discute, et donne un coup de main. « J’ai rencontré des paysans un peu bourrus, un peu vieux garçons », raconte le photographe.

« Mais plus il était difficile de les approcher, plus ils racontaient de belles histoires », explique celui qui a toujours privilégié le rapport direct à la simple observation. « On ne fait pas ça pendant 40 ans si on regarde les gens comme des objets de curiosité », pense-t-il.

De ce lien humain naissent des photos authentiques, émouvantes et troublantes tant elles semblent venir d’un autre temps. Cela a parfois joué des tours au photographe. « Je me suis toujours battu, parce que l’on m’a souvent dit que je reproduisais de vieilles cartes postales », explique-t-il.

« On m’a traité de menteur, on me disait que ce n’était pas possible de voir ce genre de techniques aujourd’hui. Mais je n’ai rien inventé », assure-t-il. Après avoir vendu plus de 120 000 livres, été l’invité de plusieurs salons et gagné l’attachement de son public, Joël Couchouron n’a pourtant rien à prouver.

S’il a parfois photographié plusieurs générations de paysans, il reconnaît qu’il n’y a plus tellement matière à creuser le sujet aujourd’hui. « Les vieux métiers ont pratiquement disparu, le décor a changé, et les fermes ne sont plus aussi typiques qu’avant », admet-il.

A la retraite, le photographe continue de faire de la photo pour le plaisir. Cela ne l’empêche pas d’exposer les fruits d’un travail accompli sur plusieurs décennies. « Il y a plein de négatifs qui n’ont jamais été développés. Tout ce que j’expose à la Bresse, c’est une centaine de photos, réalisées sur 40 ans. »

Exposition « Les Gens d’ici » de Joël Couchouron

Jusqu’au dimanche 14 mai

Maison de la Bresse

Entrée libre

Tél. 03 29 62 65 95

www.maisondelabresse.fr