Les cantines vosgiennes réunies sur Agrilocal.
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Mise en place en 2017 par le Conseil Départemental des Vosges, en partenariat avec la Chambre d’Agriculture, la plateforme Agrilocal prend de l’ampleur. En quelques mois, cet outil novateur compte plus de 80 producteurs, pour 7 tonnes de produits déjà écoulés. Bilan à l’occasion de la première rencontre acheteurs/producteurs.

Alors que la grogne des agriculteurs est de plus en plus pressante dans le département, avec plusieurs revendications concernant le prix du lait, qui ont engendré des manifestations d’agriculteurs dans la Plaine, avec du fumier sur les parkings des supermarchés déversé, la situation inquiète au plus haut point. Pour contrer ce système de profit pour les grandes enseignes, ce sont les circuits courts qui sont favorisés.

En ce sens, le Conseil départemental des Vosges et la Chambre d’agriculture ont lancé la plateforme Agrilocal. Une initiative qui vise un rapprochement direct entre les producteurs et les acheteurs publics de la restauration collective.

« L’initiative existe dans 35 autres départements mais dans les Vosges, l’envie de bien faire des uns et des autres fait que la sauce semble prendre. C’est une vraie satisfaction et j’espère que les clients seront toujours plus nombreux », confie le président du Conseil Départemental, François Vannson, à l’occasion de la première rencontre acheteurs/producteurs issus de la plateforme Agrilocal, qui s’est tenue dans les locaux du Conseil Départemental, à Épinal.

Mise en place en 2017, cette plateforme virtuelle met en relation les acheteurs publics de la restauration collective (écoles primaires, collèges, lycées, hôpitaux, maisons de retraite, …), avec les fournisseurs et producteurs locaux, sans intermédiaires.

« Une initiative qui permet de favoriser les circuits courts, tant du côté des structures de restauration collective, que de celui des producteurs locaux, ainsi que d’inciter à consommer local, des légumes et fruits de saison », soutient le Conseil Départemental, qui a tenu à mettre en valeur quelques fournisseurs ou clients de cette première année d’existence.

C’est par exemple le cas du GAEC du Durbion, à Dompierre, qui a été honoré comme premier fournisseur de la plateforme Agrilocal. « Une petite surprise pour nous. Nous sommes ravis d’être mis en avant. Nous plébiscitons le circuit court pour vendre nos produits laitiers, sur cette plateforme. Agrilocal, nous permet de développer le volume de production, sans passer plus de temps à la vente. Livrer de gros volumes dans un collège, c’est mieux pour nous. Je dirais même que c’est gagnant-gagnant », explique Adeline du GAEC.

A ce jour, les Vosges disposent de 34 acheteurs potentiels, équivalents à des demi-pensions scolaires. « Nous comptons en clientèle : 3 lycées, la mairie de Longemer, 1 Ehpad et 1 restaurateur privé. Côté fournisseurs, ce sont 87 producteurs recensés en 6 mois, alors que les autres départements qui proposent cette plateforme, en compte 115 en moyenne. On est sur une très bonne dynamique, avec 300 commandes passées, 31 000 euros de flux et 7 tonnes de produits vendus », précise Benoît Jourdain, en charge du projet pour le département.

Fromages, yaourts, viande, pains, fruits, légumes, … la carte des produits présents sur le site est très variée. Les clients peuvent, en quelques clics, visualiser leurs fournisseurs potentiels, dans un rayon de 10 à 30 km. Aussi, les acheteurs peuvent inscrire facilement leurs besoins, afin que les producteurs leur répondent sur leurs possibilités d’approvisionnement.

« Agrilocal est un outil devenu indispensable pour les acheteurs désirant se fournir avec des produits de qualité, ainsi que pour ces fournisseurs, qui s’ouvrent au marché public, sans avoir de tracasseries administratives, signale fièrement Jérôme Mathieu, le président de la Chambre d’Agriculture. Nous avons organisé ces premières rencontres, le 14 février dernier, afin de donner envie aux acheteurs comme aux vendeurs de se connaître. Que chacun découvre les besoins et services des autres. L’objectif serait que tous les collèges soient inscrits, passent leurs commandes et achètent sur la plateforme Agrilocal. Et que, à terme, nous puissions développer et proposer des productions qui manquent sur le territoire, comme le maraîchage, par exemple ».

Un désir qui n’empêchera pas les circuits dits longs de perdurer dans les grandes surfaces, mais qui pourraient permettre aux exploitants et producteurs de profiter du circuit court pour s’épanouir davantage.

www.agrilocal88.fr