Une littérature diverse et variée à découvrir sous les Magics Mirrors.

Comme tous les ans depuis 2002, à la fin du mois de mai, le festival des mondes imaginaires d’Épinal fait son retour au Parc du Cours. Les Imaginales accueilleront plus de 300 auteurs et illustrateurs, venus du monde entier, avec le Canada et le Québec en invités d’honneur. Quatre jours de festivités qui seront précédés par deux journées de colloque sur la fantasy, la nouveauté de cette 17e édition.

La vie d’une municipalité est parfois faite de paris, en ces temps où les budgets sont de plus en plus réduits et réfléchis. Il y a 17 ans, la ville d’Épinal a soutenu l’idée de créer un festival littéraire, qui associerait la fantasy, la science-fiction, l’imaginaire et l’Histoire. Les Imaginales étaient nées, dans les grandes lignes, en combinant les mots : image, imaginaire, magie et Épinal.

Un vrai pari car, outre un festival semblable dans l’Ouest de la France, Épinal est la seule ville à promouvoir ce type de littérature et d’univers.

« A l’époque, la littérature fantasy et la science-fiction n’étaient pas reconnues. Elles étaient cataloguées comme des littératures d’ado, à cause de ses images de monstres, dragons… Aujourd’hui, ces littératures sont devenues plus matures. Elles ont trouvé leur lectorat. On voit cette reconnaissance depuis 4 ou 5 ans sur le festival pour découvrir cet univers. Ce milieu assume ses références et inspirations comme les jeux de rôle, les jeux vidéo, le cinéma… Il a vraiment gagné en maturité », constate le directeur des Imaginales, Stéphane Wieser, qui reconnaît être fier de voir plus de 35 000 visiteurs, chaque année, sur le festival.

Et, comme les organisateurs ne sont jamais rassasiés d’offrir de l’originalité à leur événement, l’édition 2018 des Imaginales aura aussi son lot de nouveautés. A commencer par un colloque de deux jours, qui précédera le festival, qui permettra de « décloisonner les choses et d’analyser les changements d’habitudes des lecteurs », expliquent les organisateurs.

Les nouveaux lecteurs et auteurs de science-fiction et fantasy, les différences, les références… Plusieurs thèmes seront abordés durant ces deux jours, tels que « L’histoire de la fantasy », « Le rapport entretenu à l’Histoire, à l’intérieur du monde fictionnel », « Quelles conceptions de l’Histoire et quels regards poser ? », « Quels rapports entre les romans historiques et la fantasy », ou encore « Le domaine des jeux, entre véracité et plaisir ludique ».

A partir du jeudi 24 mai, près de 300 auteurs et illustrateurs sont invités officiellement à lancer les Imaginales, dont les auteurs canadiens et québécois, qui représenteront leur pays, invité d’honneur de l’édition 2018 des Imaginales. 10 auteurs seront présents dont quelques références comme Patrick Sénécal, qui a eu trois romans adaptés au cinéma ou Steven Erikson, qui est l’auteur du Livre malazéen des glorieux défunts, qui a connu un immense succès outre-Atlantique et qui sera adapté en français, à l’occasion des Imaginales.

Le directeur du festival précise : « On met à l’honneur depuis 4 ans un pays. Il y a une littérature très riche et une belle comparaison à faire entre les littératures anglophones et francophones. Nous aimerions toucher cette culture du doigt. Au Canada, on est aux USA sans y être et en France sans y être aussi ».

Un pays prestigieux qui sera surtout représenté par l’une des plus grandes références de l’illustration fantasy mondiale : John Howe, qui a la particularité d’avoir fait ses études à l’Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg. « On ne pouvait pas s’en passer. C’est l’artiste de référence en termes d’illustration fantasy. Il a construit un univers. On avait déjà envisagé de l’invité sans que ça n’ait pu se faire. Cette année en mettant la lumière sur le Canada, on ne pouvait pas s’en passer. Il a accepté tout de suite. Il nous a confectionné cette magnifique affiche du festival 2018 », ajoutent les organisateurs ravis.

Les Imaginales se raccrochent à son univers. En partenariat avec le festival international du film de Luxembourg, qui a exposé ses œuvres en février, dans une galerie municipale, les Imaginales auront le privilège d’exposer ces mêmes œuvres à la BMI d’Épinal, en mai. « C’est vraiment une chance d’admirer ses œuvres », tiennent encore à appuyer les connaisseurs.

Une affiche de l’édition 2018 signée John Howe, où figure le château emblématique de la cité des Images, comme chaque année. Un patrimoine que l’artiste a décidé de mettre en valeur à son tour, tout en associant la thématique de cette 17e édition : les Créatures.

Contempler ces personnages mythiques sur écran, ou en lecture est une habitude qui s’est installée au fil des années. Les conférences, cafés littéraires, tables rondes, expositions, lectures publiques, spectacles et séances de cinéma, proposés par le Festival, cassent cette routine en offrant une proximité étroite avec le public, petits et grands, durant quatre jours festifs.

Imaginales

(Colloque les 22 et 23 mai)

Du 24 au 27 mai, 10 h

Parc du Cours, Épinal

Accès libre

www.imaginales.fr

Prix littéraires

Comme chaque année, les Imaginales mettent à l’honneur différents auteurs, par le biais des prix écoliers (PIE), collégiens (PIC) et lycéens (PIL). Cette année, c’est Camille Brissot qui a reçu le PIE pour Dans la peau de Sam, ainsi que le PIC pour La maison des reflets. « C’est la première fois qu’un auteur reçoit un prix dans deux catégories différentes. Ca prouve sa valeur et que les enfants qui ont voté pour elle, ont apprécié son travail », explique Stéphanie Nicot, directrice artistique du festival. Enfin, pour le PIL, c’est Manon Fargetton qui a été honorée pour Les illusions de Sav-Loar. Notons que pour la première année, les organisateurs lancent le prix Imaginales des bibliothécaires, avec 75 bibliothèques inscrites, de 30 départements différents, ainsi que 5 chinoises et 1 japonaise. Verdict le 10 mai.

Parcours d’expositions

Chaque édition a son lot d’expositions toutes plus énigmatiques que majestueuses. Si l’exposition de John Howe, n’est plus à vanter, tant son talent et sa réputation devraient en attirer plus d’un à la BMI d’Épinal, nous pouvons retenir l’exposition Monstres et Merveilles proposée par le Lycée Claude Gellée, avec les Imaginales Maçonniques et Esotériques d’Épinal. Elle fait suite à une exposition affichée dans le lycée, d’objets provenant de différentes régions d’Afrique. Des objets que les lycéens ont décidé de réinterpréter de façon poétique, artistique, littéraire ou philosophique. A admirer à la Galerie du Bailly, du 14 au 27 mai.

Notons que plusieurs expositions sont à découvrir dans la ville et qu’une navette gratuite relie ses lieux au Parc du Cours.

Rencontre bodypainting France

Considérée comme le championnat de France de la peinture du corps, grâce à son nombre grandissant de participants, cette édition 2018 qui sera à admirer dans le Parc du Cours, verra plus de 35 artistes et autant de modèles, 7 coiffeurs professionnels et plusieurs photographes, réaliser ce concours original. Plus importante manifestation de France, le bodypainting d’épinal révélera un art vivant où le corps humain est un support : camouflage, illusions d’optique,… Rien n’arrête ces peintres qui allient à la virtuosité le caractère spectaculaire de cet art éphémère et très populaire.

Dimanche 29 mai

Déambulation et défilé à 18 h 15, au Magic Mirror 3.